‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 55 sur 157 · VI. LE COBLENTZ MUSULMAN II · texte numérisé non relu

VI. LE COBLENTZ MUSULMAN II

mort comme devant. Les agents des Califes levaient les contributions des fidèles dans toutes les villes et les campagnes où avait passé le Prophète. Il y avait des localités où les ouvriers envoyaient la dime de leur salaire. Il est de dogme en Islam que tout fidèle qui le peut doit abandonner son pays^ si la loi de TinBdèle y domine. Une foule de volontaires s'en allaient donc à Sitana rejoindre l'armée de la guerre sainte : bandits échappés de prison, criminels se dérobant à la justice, aventuriers en inquiétude, et aussi humbles fidèles, rêvant le salut du monde et la béatitude éternelle. Pendant vingt ans, les « Fanatiques hindoustanis », comme on est convenu de les nommer (Hindustani Fanatics), firent peu parler d eux hors du Pendjab : la querelle sur la frontière était toujours entre Sikhs et Musulmans. Cependant ils commençaient à rendre justice aux Anglais que leurs frères de Patna connaissaient trop bien ; dans la première guerre d'Afghanistan, ils envoyèrent un corps considérable au secours des Afghans, et des centaines d'entre eux se firent tuer à Ghazna.

En 1849, ^^^ Anglais prennent la place des Sikhs dans l'empire du Pendjab comme dans la haine du "Border. De iSyo à i8j'7, ils eurent à envoyer contre les tribus seize expéditions distinctes

Il8 LETTRES SUR l'iNDE

Cependant, un pouvoir nouveau grandissait à Svat, de même nature que celui de Séid Ahmed, mais différent de caractère et de tendances : celui d'Abdoul Ghafar, dit le Sahib ou Maître de Svat.

Abdoul Ghafar était né à Siki, près d'Akora, dans le district de Nauchéhra. Il n'était pas Pathan de naissance, il était Goudjar^ une des basses castes du Nord-Ouest : mais chez les Musulmans, un homme de race inférieure peut s'élever par l'austérité. A dix-huit ans, il entra dans Tordre d'Abdel Qader Ghilani, — l'ordre auquel appartint le Mahdi, — et s'établit dans une petite île de Tlndus, près d'Attock : il y vécut douze ans en reclus, d'herbe sauvage et de lait de buffle. Il rentra alors dans le monde; c'était le moment où paraissait Séid Ahmed :

les deux hommes se rencontrèrent et se heurtèrent. Abdoul Ghafar était avant tout un théo-

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