II PRÉFACE
marine. Élève de première classe , il avait fait, en 1822, avec M. le capitaine Duperrey, le beau voyage de la Coquille. Enseigne de vaisseau, il parcourut, en 1827, sur la Chevrette, les mers de l'Inde. En 1828, il fut nommé lieutenant de vaisseau, puis il passa trois années dans l'Archipel. Dès son premier voyage, il s'était distingué par son amour de la science, par son zèle pour le travail. M. Lesson, membre de l'Institut, qui était attaché comme naturaliste à l'expédition de la Coquille, a écrit sur lui quelques lignes que nous prenons plaisir à citer.
« En trois années de mer, dans les parages les moins connus du globe, Blosseville montra à quel degré d'intelligence du métier, de hardiesse de coup d'œil et de connaissances pratiques, son heureuse aptitude pouvait le faire parvenir. C'est dans un carré d'état-major, par le contact perpétuel des individulités, par le frotte-
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ment des angles de chaque caractère que s'établit la plus juste appréciation de la valeur intrinsèque d'un homme ; et l'opinion des camarades et de ses chefs fut unanime. Pour M. de Blosseville, riche d'illusion et de courage, il restait indifférent à ces rivalités haineuses, à ces ombrageux dénigrements, qui, à bord, se font jour dans les chuchotteries de l'amour-propre et de la jalousie. Après les heures de service, il se renfermait dans une étroite cabine ; et là, en présence des travaux des grands navigateurs et des cartes des plus célèbres hydrographes de l'Europe, il amassait un trésor de science; hardi et aventureux, il était toujours le premier à s'élancer avec les sauvages, à les accompagner seul, souvent sans armes, dans leurs pirogues et dans leurs villages. Que de fois il est resté plusieurs jours à leur merci , loin du bord et de toute protection! Sa confiance ou plutôt sa témérité n'a jamais