‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 104 sur 145 · EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

EN HOLLANDE

A mon ami Ch. Weisa.

Dans les prés de Hollande, au haut de la charmille, J'ai souvent remarqué, le long de mon sentier, Le chêne où la cigogne, hôte de la famille, Construit son nid de chaume à côté du fermier.

Quand les brouillards d'automne enveloppent la plaine, La cigogne s'eu va chercher pour quelques jours Un refuge étranger sur la terre lointaine, Mais à son premier nid elle revient toujours.

A travers les forêts, les mers et les montagnes, Son instinct la conduit sous un climat nouveau; Et l'amour la ramène à ses vertes campagnes, A l'arbuste oii sa mère a posé son berceau.

Le voyageur ressemble à cet oiseau fidèle. S'il prend aussi l'essor pour voir un autre lieu, A l'heure du départ, à cette heure cruelle. Oh ! ne lui dites pas à tout jamais adieu!

Des charmes du foyer, du sol de la patrie, Il emporte en son cœur un souvenir constant. Et joyeux il revient sur la terre chérie Où l'amour le rappelle, où l'amitié l'attend.

Arnheim , 1840.

Page 1