‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 107 sur 145 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

A IVIadaine la Comtesse de C.

Oui, vous l'avez bien dit: les fleurs ont leur langage, Le vent dans ses soupirs, l'oiseau dans sa chanson, L'onde dans les flots bleus qui baisent le rivage , L'insecte qui bourdonne au milieu du gazon,

Le chêne au tronc noueux qui résiste à l'orage, Et le roseau qu'un souffle abat dans le vallon, Tout possède une voix, tout renferme une image Dont le secret échappe à la froide raison.

Mais sans en pénétrer jamais le saint mystère, Il est doux d'écouter ces accords de la terre , Ce murmure des bois, ce long soupir des mers ;

Il est doux d'écouler ces voix de la nature. Tandis qu'auprès de nous sur une arène impure, S'élèvent tant de cris et de troubles amers.

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