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EN FINLANDE

A Madaïuo Aurore D.

Oh! oui, je reviendrai sur vos riantes plages, Où l'amitié, l'étude, ont, en si peu de jours, Jeté dans mon esprit tant de bonnes images Et 4ant de souvenirs qui me suivront toujours.

Je reviendrai revoir votre ville si belle, Avec ses frais jardins, son large Sveaborg, Et sa mer, où, courbé sur la forte Kantèle, Le dieu des vers pleurait en disant ses runor.

Nous irons contempler vos cascades chéries, Vos lacs, miroir du ciel, vos grands bois de sapins Qui, dans leur vert rempart, entourent les prairies Et couronnent l'azur des horizons lointains.

Nous irons visiter dans votre Karélie Ce peuple qui maintient les mœurs de ses aïeux. Et chante encor ces chants pleins de mélancolie Que Lœnnroth réunit avec un soin pieux.

Puis votre noble Abo, votre dôme gothique, Radelma qu'illustra la beauté, le savoir. Aminé où l'on retrouve un beau nom historique, Lemmsœholm dont l'aspect sourit à notre espoir.

Et surtout nous irons, nous irons voir encore Standsvik que l'on parcourt le soir d'un pas rôveur, Traeskhanda qn'embcllit le rayon de l'aurore, Mailand qui chasse au loin les noirs chagrins du cœur.

Ah ! lorsque le poète, errant dans son voyage, Recueille quelques fleurs au chaste et doux éclat, Il ne les livre point au souffle de l'orage. Il ne les brise point sous un autre climat.

Sur son chemin souvent une voix le rappelle Aux jours qu'il a bénis, aux lieux qui l'ont charmé; Il revient les chercher confiant et fidèle. Heureux de les aimer et de se croire aimé.

Llega, benigna noche, io te aguardo.

A. Marti>".

Sur la mer et la grève et la verte bruyère Un soleil d'or répand son réseau de lumière ; La vague mollement glisse sous le bateau; Pas un nuage au ciel, pas une ombre sur l'onde; Le golfe au loin sourit dans sa coupe profonde. Oh! que le soir est beau !

Tantôt on aperçoit une île solitaire Où l'on voudrait aller vivre dans le mystère ; Tantôt l'humble chalet voilé par le bouleau Où le fermier bénit le dieu qui le protège Dans les jours de printemps et dans les jours de neige. Oh ! que le soir est beau !

Le pêcheur a lié sa nacelle au rivage, La mésange en chantant s'endort sous le feuillage, La mouette se berce et s'assoupit sur l'eau ; Tout repose et se tait, et dans ce grand silence Tout parle au cœur d'amour, de joie et d'espérance. Oh! que le soir est beau !

Juin 18-42.

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