‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 128 sur 145 · CHANT POPULAIRE RUSSE · texte numérisé non relu

CHANT POPULAIRE RUSSE

La trompette a sonné, voici l'heure fatale : Sous le drapeau guerrier, sous le regard de Dieu, Au-delà de Moscou, la ville impériale, L'armée est assemblée ; on va lui dire adieu.

Que voyez-vous tomber au loin? est-ce la pluie? Est-ce un nuage noir que se montre là-bas? Oh ! non, ce sont les pleurs d'adieu que l'on essuie, C'est la troupe du tzar qui s'avance à grands pas.

Les voilà qui s'en vont sur la terre étrangère ; Ils saluent eu pleurant et passent tour à tour; L'un embrause sa sœur, l'autre sa pauvre mère, L'autre la jeune fille ivre de son amour.

Mais là, tout seul, l'œil sec, dans sa pensée amère. L'un d'eux reste à l'écart sans pousser un soupir. Hélas ! car celui-là n'a plus ni sœur ni mère, Qu'importe où l'orphelin doit s'en aller mourir ?

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