‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 132 sur 145 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

A madame Th. Orél....

Non, je n'oserais pas recommencer pour vous Les mauvais vers que j'ai jetés sur mainte grève, Au bord des noirs sapins et des mers en courroux, Dans l'ennui des regrets, dans quelque sombre rêve.

Il faut h. vos regards le rayon le plus doux, A voire frais salon les fleurs pleines de sève, A vos jours respectés par le destin jaloux L'espoir qui charme l'âme, et la foi qui l'élève.

Quand je vous vois le soir près de votre foyer, Noble et riante épouse, heureuse jeune mère. Je ne puis exprimer par mon sonnet vulgaire

Les pensers que je sens en mon cœur s'éveiller.

Peindre votre avenir, toucher à votre image,

Et pour vous mon silence est un nouvel hommage.

A Ant. de LATOUR,

Oui, nous allons souvent dans notre folle ivresse Chercher avec ardeur sur des mers en courroux, Sur des chemins semés de doute et de tristesse, Le bonheur que le ciel avait mis près de nous.

Vallons où s'écoula notre fraîche jeunesse, Forêts où nous faisions tant de rêves si doux, Foyer de la famille, asile de tendresse, Lieux adorés, pourquoi, pourquoi fuir loin de vous?

C'est là qu'il faut rentrer après les jours d'attente, De travaux décevants, de fortune inconstante, Après les vains amours et les vaines douleurs.

Quel que soit le tissu des regrets de notre âme, Une sœur en saura bien démêler la trame, Et l'amour d'un mère efface bien des pleurs.

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