‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 138 sur 145 · JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

JÉRUSALEM

l^alve suelo sacrosantr»

Del hombre infeliz abrigo De su redencion testigo.

J.-J. Pesado.

Me voilà donc au but de mon pèlerinage. Mon vœu s'est accompli. Soyez béni, mon Dicni Vous m'avez protégé pendant mon long voyage, Et je touche avec joie au parvis du saint lieu.

Sur ce sol oii l'on sent qu'il est si doux de croire, La croyance dans l'âme et la Bible à la main. J'ai suivi pas à pas notre divine histoire Des cimes du Thabor aux rives du Jourdain.

Mon front s'est humblement courbé sur cette terre Oii tout parle si haut des lois de l'Éternel, Oii le Christ accomplit son sublime mystère, Où nul effort ne peut ébranler son autel.

Triste, bien triste, h«^las! est cette Palestine Avec tous ses tombeaux épars sur son chemin. Ses villages déserts, ses cités en ruines, Et le Turc, noir vautour qui lui ronge le sein.

Sur le seuil de la grotte où ta voix de prophète, Éloquent Jérémie, en parlant aux Hébreux, Annonçait les fléaux amassés sur leur tête. J'entends, j'entends vibrer tes accents douloureux.

Les fléaux sont tombés sur ces villes rebelles Qui n'obéissaient plus aux décrets du Seigneur, L'exil a dispersé leurs tribus infidèles, Et Sion a mangé son pain dans sa frayeur.

Mais quelque soit ton deuil et ta douleur profonde, Royaume de David, berceau du Rédempteur, Rien de si grand que toi, rien de si doux au monde N'attire les regards et ne saisit le cœur.

Les anges sont venus dans ces pauvres villages Adorer une vierge, encenser un tombeau, Et Bethléem a vu l'étoile des rois Mages, L'étoile du salut briller sur sou coteau.

Dans ces vallons de sable et dans ces champs de pierre. Sur les bords desséchés du torrent de Cédron, Jésus-Christ s'en allait répandant la lumière, Enseignant, propageant sa céleste leçon.

Là, sous les oliviers, dans sa tristesse amère, Goutte à goutte il a bu son calice de fiel Et le long de ces murs, il portait au Calvaire Sa croix, dernier lien de la terre et du ciel.

Oh ! mes yeux, contemplez ces augustes spectacles. Oh! mon âme, adorez les traces du Sauveur, Murs de Jérusalem, gardez-moi vos oracles, Source de Siloë, garde-moi la saveur.

Que l'ardent sentiment de ces saintes merveilles Pénètre ma pensée et me suive en tout lieu I Qu'il soit dans mon repos et qu'il soit dans mes veilles! Avec la foi du cœur, avec l'espoir en Dieu !

Novembre 1845.

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