‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 15 sur 145 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

couvrit du haut des mâts Timmense espace occupé par la banquise ; cette banquise n'est point, comme on se le figure généralement, une mer de glaces unie, compacte. C'est un amas de blocs gigantesques chassés par la tempête, emportés par le courant, qui flottent comme les vagues, s'agglomèrent, s'attachent l'un à l'autre , et quelquefois se disjoignent. A une certaine distance, on ne distingue pas , il est vrai , leurs aspérités, et toutes ces lignes échancrées, tortueuses, irréguliéres, apparaissent comme une surface plate et continue. Mais à mesure qu'on en approche , ces glaces se dessinent sous les formes les plus étranges , les plus variées. Les unes projettent dans les airs leurs pics aigus, comme des flèches de cathédrales; d'autres sont arrondies comme une tour, crénelées comme un rempart. Celle-ci ouvre ses flancs aux flots impétueux qui la fatiguent, elle se creuse , se mine , s'élargit comme une voûte , et

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