‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 16 sur 145 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

ressemble à une arche de pont; celle-là se dresse fièrement au milieu des autres comme un palais de roi ; elle a ses murailles de granit, sa colonnade, sa terrasse italienne, et le soleil qui la colore la rend éblouissante comme un de ces temples d'or où demeurent les dieux Scandinaves. Souvent aussi, au milieu de cet océan désert, sous ce rude ciel du nord, on trouve des formes de végétation empruntées à d'autres climats. On aperçoit des plantes qui semblent se balancer sur leur tige; des arbres qui penchent vers les vagues leur feuillage ; des animaux qui dorment sur leur lit déglace. Quelquefois les Européens ont vu dans cette nature fantastique l'image des lieux qu'ils venaientde quitter. Des maisons construites symétriquement, alignées comme dans une rue, leur apparaissaient de loin. Des bancs à dossier semblaient les appeler à prendre du repos : des tables se dressaient devant eux. Ni les bouteilles

Page 1