VIII PRÉFACE
Pendant trois années de suite , M. Franklin avait navigué dans les mers polaires. En Tentendant raconter ses excursions périlleuses, ses belles découvertes, M. de Blosseville se passionna pour les mêmes dangers et ambitionna la même gloire.
Il revint en France, étudia avec ardeur rhistoire de la navigation septentrionale, l'histoire du Groenland, et demanda à s'en aller dans le Nord. Il avait d'abord obtenu l'autorisation de s'embarquer sur un baleinier français pour visiter la baie de Baffins. Mais on n'en équipa cette année-là aucun; il résolut alors de partir avec un navire anglais. Les entraves qu'il rencontra dans l'exécution de ce projet l'obligèrent à y renoncer ; il crut devoir alors abdiquer toutes ses espérances, il se résigna à retourner au port. Déjà il avait pris congé de sa famille, déjà il avait dit adieu à ses amis , il allait se mettre en route pour Toulon, quand la chambre de commerce
PRÉrACR. \\
de Dunkerque pria le ministre de la marine d'envoyer sur les côtes d'Islande un bâtiment de guerre pour protéger la pèche.
Le môme jour, Tamiral de Higny accueillit le voeu de la députation de Dunkerque et signa Tordre qui appelait M. de Blosseville à prendre le commandement du navire désigné pour cette nouvelle navigation.
M. de Blosseville partit , emmenant avec lui trois officiers jeunes aussi et instruits : MM. Lepelletier d'Aulnay, Ru- Ihiére, Lieutier; M. Garnier l'accompagnait en qualité de chirurgien , et M. Lancrenon en qualité d'agent comptable. Nous citons avec tristesse les noms de ces hommes dont le sort est maintenant un douloureux mystère.
Au mois d'août 1833, M. de Blosseville adressa au ministère de la marine un rapport sur ses premières excursions, avec un croquis de la côte orientale du Groenland qu'il avait visitée. Il était alors à