EN NORVÈGE
A 1VIn>< la m^^' de Dolotnicu.
La nuit descend, le ciel est sombre, Des nuages épais entourent l'horizon ;
On n'entrevoit au loin dans l'ombre Que les pics escarpés et le bord du vallon.
On n'entrevoit que la cascade, Où la lune parfois jette un rayon douteux,
Comme l'espoir qu'un cœur malade Voit apparaître encor dans ses jours orageux.
Dans les montagnes le vent gronde; Sur les rocs le sapin se courbe en gémissant,
Et le torrent qui les inonde, De sa chute fougueuse étonne le passant.
Ici le bruit du monde cesse, Les frivoles désirs, l'inutile souci,
Et l'orgueil avec sa tristesse , Et les vaines rumeurs disparaissent ici.
Tout ce que le regard embrasse , Bois profonds , pics aigus , bords du lac au flot bleu ,
Tout dans ce large et grand espace Ramène la pensée à la nature, à Dieu.
Je suis un enfant des montagnes, Et quand je puis revoir du hau< de leurs sommets
Les forêts vertes, les campagnes, Je sens renaître eneor les songes que j'aimais.
Je sens l'aile rafraîchissante De mon ange gardien qui se penche sur moi ;
J'entends sa douce voix qui chante, Je reviens à mes jours d'espérance et de foi.
Jerkind, 1838.