SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION
Depuis que je suis généralement connu pour être l'Auteur de ce petit ouvrage, on m'a fait de tous côtés tant d'observations pour me démontrer l'utilité qu'il y auroit à le traduire, on m'a si vivement engagé à le faire, que j'ai eu du regret d'avoir écrit toutes les parties de ce livre en françois.
Je l'ai même relu avec l'intention de le faire paroître en anglois; en ayant soin toutefois de retrancher celles des lettres qui ne me sembloient de nature à intéresser qu'un petit nombre de personnes. Mais je me suis bientôt convaincu, qu'il seroit
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presque impossible de détacher et d'isoler pour le public les lettres les plus propres à exciter son attention ; il seroit indispensable de les tronquer et de les retravailler en entier, ce qui feroit un nouvel ouvrage que mes nombreuses occupations ne me permettent pas aujourd'hui d'entreprendre.
Je me suis donc décidé à reproduire ces Lettres sous leur ancienne forme, en ajoutant simplement mon nom. J'ose espérer que même écrites en langue étrangère, elles ne laisseront pas d'amener quelques bons résultats.
Déjà l'attention s'est fixée sur plusieurs projets de réformes, dont il n'avoit jamais été question que dans cet ouvrage : ils ont été l'objet de conversations et de discussions importantes. Quelques unes des mesures que j'ai proposées ont môme été appuyées par le suffrage de personnes plus capables que moi de les faire adopter.
Je ne puis m'empêcher de témoigner
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ici ma reconnoissance à des jurisconsultes d'Edimbourg et de Paris, qui, sans connoître l'Auteur, ont bien voulu adresser à mon Libraire l'expression d'une opinion bien flatteuse pour moi, surtout au sujet des divers renseignements que j'ai donnés sur différents Codes de l'Europe moderne, et de l'exposition que j'ai faite des sentitiments de plusieurs publicistes étrangers, à cet égard.
Quant à moi, je ne saurois trop répéter à ceux de nos jurisconsultes, qui veulent absolument introduire un code dans ce pays, qu'il n'est pas un seul Code (|ui n'ait amené à sa suite une infinité de contestations, — qui n'ait donné naissance à une foule de commentaires, de traités, de lois supplémentaires et interprétatives, et auquel il ne soit devenu nécessaire de faire des changements au bout d'un très petit nombre d'années. — Si nos partisans de la codification se fussent bien pénétrés de tous ces inconvé-
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îiicnts inévitables, s'ils eussent jeté seulement un coup d'oeil sur les écrits de Hugo, Saviguy, Eichhorn, et autres jurisconsultes de rEcole Historique, je suis convaincu qu'au lieu de proposer aux anglois le cbiuiérique projet d'abolir toutes leurs lois pour leur substituer un Code, ils se seroient bornés à leur conseiller d'améliorer quelques branches de leur législation, en y appliquant progressivement les vrais principes qui nous sont indiques par la jurisprudence.
Quelque séduisant que puisse être en théorie le projet de la rédaction d'un Code, il faut cependant avouer que cinq années ne suffiroient pas pour le mettre à exécution, lors môme que tous les juges et avocats du royaume renouceroient à toutes leurs autres occupations pour y travailler exclusivement; tandis que des réformes partielles et successives peuvent s'opérer simplement avec l'aide de quelques jurisconsultes se-
e gouvernement, (|iii 11*11111
bi-
condés par 1
tioiineroicnt d'autre prix de leur zèle et de
leur travail, que l'espoir d'ôtre utiles à leur patrie.
Après ce que je viens de dire, il sera peut-être à propos d'avertir le Lecteur, que je n'ai nullement la prétention de donner à ces lettres le caractère d'un ouvrage savant et soigné. D'ailleurs la forme que j'ai choisie pour communiquer iV mes confrères, d'une manière plus libre et plus commode, ma façon de penser sur les différents sujets qui y sont traités, ne peut laisser le moindre doute sur le peu d'importance que j'y ai attaché. Les premières lettres qui parlent des juges attachés à la Cour de la Chancellerie, et les dernières qui ont pour objet le barreau anglois, étoient presque toutes écrites vers le commencement de Tannée passée. Elles étoient d'abord destinées à être insérées dans un journal public, et il y en avoit même déjà
une d'envoyée au rédacteur, lorstiue Milord Eldon donna sa démission, ce qui m'empêcha de les publier alors. Ce fut pendant les vacances que je m'amusois à ajouter à ces lettres celles qui sont relatives à la codification, ainsi que les notes qui sont incluses dans l'ouvrage; et comme j'ai cru que leur contenu pourroit être de quelque utilité, malgré les grands mouvements qui ont eu lieu à la Cour de la Chancellerie, je me suis décidé à les publier sous la forme qu'elles présentent. On n'en a tiré qu'un petit nombre d'exemplaires, qui presque tous ont été distribués à mes
amis.