DE LA SECONDE ÉDITION
L'accueil favorable que ces Lettres ont reçu, tant à Londres qu'à Paris, a décidé l'Editeur à les revoir. Il ose donc se flatter, que cette seconde édition sera purgée de la plus grande partie des fautes et des erreurs qu'on remarque dans la première.
On croit à peine en France que l'administration de la justice en Angleterre soit aussi mauvaise que ces lettres le donnent à entendre. Au surplus, nous avons tout lieu d'espérer que bientôt nos voisins n'auront plus de droit de nous blâmer à cet égard.
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L'esprit de réforme s'est réveillé parmi nous, et rien ne pourroit aujourd'hui l'assoupir. Les Ministres actuels ne rempliront le vœu général de la nation qu'en faisant des concessions aux demandes par lesquelles on sollicite la réorganisation totale de nos tribunaux.
La seule objection que les ennemis de la réforme aient pu faire contre ce petit ouvrage, c'est qu'il peint trop bien les défauts qui malheureusement caractérisent quelques uns de nos Juges, et les inconvénients qui les rendent eux-mêmes adversaires des changements désirables. Cependant, quelles que soient les observations que l'Editeur a été dans le cas de recueillir, il ne se repent pas d'avoir laissé glisser quelques mots de vérité à ce sujet.
Les motifs qui ont déterminé son opinion sont ceux qui sont exprimés dans la dernière Lettre. Certainement, il n'eût jamais oublié l'indépendance et la dignité
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de sa profession, au point de se prêter à blâmer hautement la conduite d'un Juge déchu de ses fonctions, pour relever le Magistrat qui le remplace ; surtout quand les défauts de ce dernier, quoique tout différents de ceux de son prédécesseur, ne sont pas moins nuisibles aux intérêts publics.
L'Editeur s'empresse donc d'aflfirmer, qu'il n'auroit jamais publié les Lettres où il est question du caractère et de l'administration de Mi lord El don, si elles n'av oient été écrites dans un temps où il avoit encore les Sceaux, et où il étoit peu probable qu'ils sortissent promptement de ses mains.
Au surplus, les Lettres qui traitent ce chapitre sont les moins importantes : elles n'ont qu'un intérêt du moment ; les autres, au contraire, sont d'une nature bien différente ; elles seront utiles tant que la réforme de nos lois, et la manière d'administrer la justice seront mises en question.
L^Editeur est convaincu qu'on fera tôt ou
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tard les changements proposés dans ces Lettres, ou d'autres semblables ; mais il sait aussi qu'il est impossible de les exécuter tous en même temps et immédiatement.
Car en supposant même des Ministres et des Juges qui n'auroient en vue que le bien général, — un barreau qui seroit disposé à tout sacrifier aux intérêts publics, — on trouveroit encore bien de la difficulté à vaincre les préjugés, même chez les personnes qui devroient gagner à la réforme.
Lincoln's Inn, Ce 31 Décembre, 1887.