‹ Lettres sur la création terrestre, ou exposé sous forme familière Des principaux faits relatifs à la constitution général du Globe et A L'économie de la nature par le dr. De FilippiChapitre 13 sur 48 · VII. Parmi les soixante-deux éléments des · texte numérisé non relu

VII. Parmi les soixante-deux éléments des

• (2) L’iode a été découvert en 1813 par M. Courtois.

modernes, prévalent en nombre les coips doués, à des degrés différents, de propriétés qui caractérisent communément les métaux, à savoir: le poids , la conductibilité pour le calorique et pour l’électricité, comme nous le constatons dans l’argent, le cuivre, le Jer, etc. Non-seulement je dois renoncer à te montrer les qualités particulières de chacun de ces éléments, mais encore à t’en donner le tableau complet. Ta curiosité se trouvera à ce point fortement excitée, et peut-être tu te plaindras de ce que, au moment où dos populations entières vont se disputer la fortune dans les contrées de l’or et de l’argent, je cherche à détourner to/i attention de ce fait pour la reporter sur des objets en apparence moins dignes. Eh bien ! cet or et cet argent, qui dans les mains de l’homme deviennent les instruments de la vertu, et le stimulant du vice, peuvent bien occuper les veilles et troubler le sommeil de ceux qui n’élèvent pas leur esprit plus haut que le cercle des passions vulgaires, mais ne doivent pas cependant former le sujet de prédilection de ceux qui dans les œuvres de la nature contemplent les œuvres de Dieu. Que la main du Tout-Puissant stérilise en un instant dans les entrailles de la terre les veines de ces métaux recherchées avec tant d’acharnement : l’har-

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monie do ces lois qui peuplent notre globe d’êtres vivants ne sera pas même sensiblement troublée. L’homme cherchera d’autres emblèmes de ses ri^fiesses, et voilà tout. Il imitera le sauvage des côtes australes de l’Afrique, qui donne à une petite coquille marine la valeur d’une monnaie. D'ailleurs, dans la sphère des prospérités terrestres, l’or et l’argent n'ont qu’une valeur conventionnelle, flottante, destinée à diminuer avec le développement de l’industrie humaine, qui fait mieux connaître où résident les valeurs réelles et les multiplie selon les besoins de la civilisation croissante. — D’autres, parmi les métaux connus communément, sont d’une utilité bien plus grande encore; et l’on peut dire que l’homme ne serait jamais sorti de l’état de barbarie sans les connaître, sans les posséder et sans en apprendre les usages multiples. Je te nommerai le cuivre, le plomb, l’étain, l’antimoine, le zinc et surtout le fer.

VIII. Le fer est certes plus précieux que l’or, quoique très-vulgaire, et tellement répandu que partout tu le rencontres : — dans les entrailles des montagnes d’où l’homme le tire pour le travailler et en faire ses principaux instruments agricoles, industriels ou guerriers; — dans la terre des champs, d’où il pgsse dans les plantes et va pénétrer jusque dans notre chair, dans

notre sang. Le corps humain en contient une quantité suffisante pour fondre une médaille.

On connaît ce métal aous trois états : de fer doux, de fonte, d’acier; mais on ne le trouve sous aucune de ces conditions dans les mines d'où provient l’immense et toujours croissante quantité de fer employée dans les arts. Le fer n’existe dans la nature à l’état libre, métallique, qu’en très -petite quantité — sous forme de masses isolées à la superficie du terrain, — dans des conditions de gisement capables de faire supposer que ces masses isolées, lors de leur découverte, pouvaient être tombées du ciel.

• IX. Il te semblera certainement fabuleux, incroyable que des masses pierreuses puissent tomber du ciel. Les relations souvent répétées d’un phénomène si surprenant furent considérées comme d’étranges aberrations, comme des songes d’esprits superstitieux, par les premiers savants de l’Europe, jusqu’à la fin du siècle dernier. Cependant il n’est plus permis d’élever le moindre doute sur la réalité du phénomène. Parmi plusieurs cas que je pourrais te citer à ce propos, je veux en choisir un rapproché de nous, de temps et de lieu. t>ar une belle et sereine matinée, le 17 juillet 1840, je me trouvais sur le sommet d’une des collines les plus

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agréables de la Drianza (3), lorsque soudain retentit à mes oreilles le bruit d’une très-forte explosion dans les hautes régions de l’air. Je n’hésitai pas un instant à soupçonner la chute de quelque pierre du ciel; et mon soupçon fut pleinement confirmé par la nouvelle publiée peu de jours après dans les journaux, que deux pierres, tombées précisément ce jour-là et à la même heure sur le territoire de Casale, dans le Montferrat, avaient été recueillies et expédiées au Musée Royal de Turin , où on les conserve encore aujourd’hui.

l5es physiciens donnent à ces pierres le nom de météorolithes — c’est-à-dire pierres météoriques, ou bien aèréolithes, c’est-à-dire pierres de l’air. Ces dénominations pourraieut engendrer une erreur dans ton esprit, et te faire croire que ces pierres se forment véritablement dans l’air, comme de tant de manières se forment les concrétions dans l’eau. Les météorolithes proviennent de régions beaucoup plus élevées:

— de l’espace planétaire. On a supposé qu’elles pouvaient être lancées par les volcans lunaires, ' et je t’ai déjà démontré toute l’invraisemblance d’une telle hypothèse : maintenant j’ajouterai que très-probablement ce sont les fragments

(3} Dans le Milanais.

les plus petits d’uue planète brisée, et dont les plus grands morceaux forment les petites planètes connues sous les noms de Cérès, Pallas, Vesta, Junon, et la foule des autres que les astronomes découvrent successivement. Quoi qu’il en soit, on ne trouve dans les météorolithes aucun élément qui ne soit également propre à notre terre. Pour la plupart, elles consistent en une pierre grise analogue, quanta la composition, aux laves de nos volcans, avec de petits grains de fer métallique. Mais il y en a quelques-unes composées de fer pur, gris, luisant, malléable, capable d’être travaillé à la forge sans r.;icune préparation préalable; — l’une des météorolithes de ce genre fut celle qui tomba à Ilradscina, en Croatie, de plein jour et en présence d’une nombreuse population. Entre ces météorolithes et les masses de fer métallique gisant à la surface du terrain en Sibérie, en Hongrie, dans le Sénégal, au Mexique et dans d’autres localités, il y a non-seulement ressemblance, mais véritable identité d’aspect et de composition, et à un tel point, que nous sommes obligés d'admettre aussi une identité d’origine (4).

(4) I.es plus petits corps planétaires sont ceux que nous appelons astéroïdes, et qui produisent le phénomène des étoiles filantes, des pluies de feu, etc. Le nombre

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X. Le fer existe dans les entrailles de la terre constamment combiné avec d’autres éléments, et par conséquent non reconnaissable dans ses propriétés les plus ordinaires. Avec le soufre il constitue un fort beau minéral, la pyrite, si semblable à l’or par la couleur et par l'éclat, que bien des gens s’y trompent. Cependant, sous les coups du marteau, la pyrite se

qu'il en peut passer tout-à-coup entre le soleil et la terre est dans quelques cas assez grand pour produire une espèce d’éclipse. On a eu des exemples extraordinaires de ces passages dans les années 1106, 1206, 1545 et 1706 : dans cette dernière année, l’obscurcissement du soleil dura trois jours consécutifs.

Il est extrêmement intéressant d'obsc*ver que le plus grand nombre d’étoiles filantes corréspond seulement à certaines nuits déterminées : comme à celles du 6 au 12 décembre, à la dernière de novembre, à celles du 15 au 20 octobre, du 25 au 30 juillet, du 9 au 10 et du 20 au 26 avril, du 1er au 3 janvier; mais spécialement aux nuits du 12 au 13 novembre et du 10 au 11 août. Il est des personnes qui croient même qu’ont peut attribuer le changement de température qui a lieu souvent du 10 au 13 mai etdu7 au 12 février (époques distantes précisément d’une demi-année du 10 août et du 12 novembre) au passage d’un grand nombre de petits astéroïdes devant le soleil.

11 semble que les corps que nous appelons astéroïdes ou étoiles filantes soient de volume différent et à des distances variables du soleil. Us paraissent entourés par un nuage de matière non condensée, et même résulter sensiblement de celle-ci. Quelques-uns paraissent lumineux par eux-mêmes, en cela que, dans le temps où ils sont visibles, ils se trouvent à une trop grande distance de

manifeste par l’odeur de soufre qui s’en dégage et aussi par sa grande fragilité. Cette substance minérale, grâce à sa composition de soufre et de fer, subit souvent, livrée au contact de l'air lftmide, une transformation particulière : de compacte et brillante qu’elle était, elle se résout en une üeuraison verdâtre, d’une saveur piquante, styptique, absolument semblable à celle de l’encre, où ce nouveau composé qu’on obtient de la pyrité se trouve réellement contenu. C’est la couperose verte, résultant de l’acide sulfurique et de l’oxyde de fer combinés, et produite par une oxydation de chacun dos éléments de la pyrite et une combinaison nouvelle et successive des oxydes.

notre atmosphère pour attribuer à une combustion dans ceJle-ci la lumière qu’ils émanent. Ceux de ces astéroïdes qui possèdent un noyeau solide, et qui passent assez près de la terre pour en être attirés, donnent lieu aux adréolithcs ; — nous appelons, au contraire, bolides ceux résultant d’une matière non condensée, qui se consume entièrement dans leur rapide passage . à travers l’atmosphère.

Si les aéréolithes et les bolides sont de môme nature que les astéroïdes, il est évident que, s’il existe pour ceux-ci une périodicité, elle existera aussi pour ceuxlà. Un auteur moderne a constaté qu’en effet les jours signalés par le plus grand nombre de pierres météoriques sont les 12 et 13 novembre, le 10 août , les 9 et 10 avril, le 13 décembre, les 27, 28 et 29 novembre, les 1er et 2 janvier, jours notés également par la plus grande quantité d'astéroïdes visibles.

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XI. Plus importantes et plus utiles à l’industrie humaine sont les combinaisons directes du fer avec l’oxygène. On distingue trois composés minéraux de cette nature.

L’un noir, pesant, qui a la propriété d’agir à distance sur l’aiguille de la boussole et de la faire dévier de sa direction : c’est Y aimant,— celui qui, en comparaison des deux autres, contient le moins d’oxygène et, par conséquent, le plus de métal. Comme tel c’est le minerai de fer le plus productif.

L’autre est souvent luisant, gris d’acier ou gracieusement irisé. A l’état de poussière et terreux, il est de couleur rouge, et ressemble à Y ocre ou terre rouge des peintres.

En tout semblable à celui-ci , quant à ce qui regarde les proportions des deux éléments fer et oxygène, est le troisième minéral. Il en diffère parce qu’il contient une certaine quantité d’eau — d’où son changement de couleur; — au lieu detre brillant d’acier lorsqu’il se trouve en masse compacte, il est brun, et, au lieu d’être rouge, il est jaune quand il est en poussière, comme l’ocre ou terre jaune du commerce. Ce minéral , auquel on donne le nom de fer hydroxydé , est le plus répandu dans la nalure; car c’est celui dans lequel l’action de l’ajr tend à changer le fer métallique et

tous ses composés les plus communs : rien d’étonnant. donc si la terre des champs en contient constamment, quoiqu’on dose variable. Au moyen d’une forte chaleur capable de dissiper toute l'eau que renferme l'ocre jaune, elle se transforme en ocre rouge : c’est ce qu’on observe en grand dans la cuisson des glaises communes dont on fait des tuiles ou des briques, toutes plus ou moins riches de ce fer hydroxyde.

XII. L’art d’extraire le métal des oxydés de fer compte certainement parmi les plus importants et en même temps les plus difficiles et les plus compliqués, quant au but qui est d’obtenir le plus grand produit avec le moins de dépense possible. Le progrès industriel d’un pays peut se déterminer par le degré de perfectionnement auquel cet art est porté.

Je t’ai déjà parlé de la propriété que possède le mercure oxydé de perdre son oxygène , et partant, de se réduire à l’état métallique à une haute température. Une semblable propriété n’appartient pas aux oxydes de fer, de sine, de cuivre, d’étain, de plomb, qui conservent l’oxygène fortement combiné à quelque chaleur que ce soit. U y a cependant des corps qui, en comparaison de ces métaux, ont une tendance encore plus forte à s’oxyder, et

qui à un feu très-ardent mis en contact de leurs oxydes, enlèvent l’oxygène do ceux-ci et les réduisent à l’état métallique. Le premier parmi

ces corps est le charbon : et c’est précisément du. mélange du charbon avec le minerai de fer dans les fours qu’on obtient le métal ordinairement à l’état de fonte. — La réduction, par le même moyen, des oxydes de zinc, de plomb et de cuivre, est encore plus facile.

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