‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 101 sur 126 · CRITERIUM · texte numérisé non relu

CRITERIUM

Expropriation générale. — Le triomphe des collectivistes. -— Ouvrez ou jenfonce! — La doctrine de la Sainte-Alliance. — Êtes-vous logiques? — Les anarchistes. — La force prime le droit!

Soit : TArabe ne sait pas faire usage de sa terre, il n'a pas d'outils perfectionnés.

Ni le Bas-Breton non plus, qui cultive avec le vieil araire romain et arabe. Tout propriétaire qui ne se servira pas de la charrue Dombasle devrat-il donc céder sa terre ? Mais la charrue ne fait pas tout; tel propriétaire, par la sélection des betteraves; les vend 18 francs, tandis que son voisin négligent ne les vend que 9. Devra-t-on exproprier ce dernier comme incapable, en lui reprochant de détenir sa parcelle de sol d'une manière inique, puisque d'autres pourraient en faire un meilleur usage ? Tout propriétaire, qui se livre à la culture extensive,ne doit-il pas être exproprié en vertu de la théorie, formulée par Vattel?

Les arguments qui se sont étalés à la tribune, que le gouvernement a soutenus (i) à propos du projet

(1) 26 décembre 1883.

de loi des 50 millions, se dressent d'une manière terrible contre tous les détenteurs de la propriété en France. Si vous expropriez les indigènes, parce que vous trouvez qu'ils ont trop de terres, parce que vous prétendez qu'ils n'en font pas un aussi bon usage que celui que vous voulez en faire, que répondrez-vous aux collectivistes qui viendront vous dire : — « Eh bien ! il y a aussi en France des gens qui ont des centaines d'hectares alors que d'autres n'en ont pas ; qui en gardent une partie improductive pour leurs chasses, leurs parcs, alors qu'il y a 6 millions de Français qui ne mangent pas encore de pain de froment : nous réclamons leur expropriation, de gré ou de force, aux dépens du budget de l'Etat, en vertu des principes que vous voulez appliquer aux Arabes ! »

Vous voulez ouvrir, à coups de canon, le Tonkin, la Chine à la civilisation. Vous voulez les forcer d'accepter le séjour de vos nationaux et leur imposer l'obligation de faire du commerce avec vous.

Soit : eh bien ! supposez que les libres-échangistes Anglais, au lieu d'être des hommes pacifiques, viennent vous dire : — « Maintenant il ne peut plus ètue permis à une nation de s'isoler du reste du monde par cette muraille de la Chine, qui s'appelle un tarif de douanes. Tout pays doit être ouvert à la libre circulation des choses et des personnes. Vous défendez à vos nationaux de consommer mes produits : au nom du progrès, j'entends que vous supprimiez vos prohibitions, si vous ne voulez pas que je les brise à coups de canon. Ouvrez votre porte ou

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