OUVREZ
Il est un autre argument invoqué aussi contre les Tonkinois et les Chinois, non seulement dans des discours de tribune, mais dans des pièces diplomatiques. Je le reproduis d'après la lettre du capitaine de frégate Senez , adressée au gouverneur de Quang-Yen (1), parce qu'elle est un des documents qui ont précédé notre campagne actuelle et parce que cet argument y prend la forme la plus éloquente :
« Le gouvernement de Hué doit enfin se bien persuader que sa persistance à s'isoler du monde civilisé ne peut durer plus longtemps. Le redoutable problème du progrès vient de se poser devant lui.
» C'est aujourd'hui M. Dupuis, demain ce sera un autre, qui tous et toujours, au nom du progrès et de la civilisation, viendront demander la liberté de circuler et de commercer. Crovez-le bien, toute résistance est vaine. Forts, canons, barrages sont désormais impuissants à résister au courant envahisseur de la civilisation qui se dirige vers l'Annam. »
(1) Novembre 1872.
Conformément à cette doctrine, M. Garnier s'empressait, dans son projet de traité du 15 novembre 1873, de déclarer que « le fleuve Rouge serait exclusivement réservé à la navigation du commerce des navires français, espagnols et chinois ! »