‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 119 sur 126 · PRODUIRE POUR VENDRE · texte numérisé non relu

PRODUIRE POUR VENDRE

nôtres. Vous savez par expérience que la richesse d'un négociant, c'est la richesse de sa clientèle.

Que vous importe que des millions d'êtres humains aient besoin de consommer vos produits, s'ils n'ont pas le pouvoir de les consommer?

Les gens possédant le plus grand pouvoir d'achat, voilà ceux que vous devez viser comme acheteurs. C'est en même temps ceux qui vous présentent la plus grande sécurité dans l'exécution de vos contrats.

Tel est le programme de tout industriel sérieux.

Voici celui des hommes (|ui se prétendent et ont la réputation d'être des grands hommes d'État.

Empêcher l'approvisionnement par des droits de douanes et des droits sur la circulation; supprimer la division du travail; subordonner toutes les aptitudes à un type uniforme; augmenter tous les jours ses frais généraux et sa dette; ne jamais amortir; avoir une comptabilité indéchiffrable; pas de contrôle; tenir pour suspecte toute nouveauté et pour perturbateur tout inventeur; essayer de se débarrasser des collaborateurs les plus utiles; n'avoir qu'une préoccupation : se mettre à l'abri des progrès des compétiteurs, les ignorer et les étouffer si possible; chercher des clients sans avoir de produits à leur donner ; repousser les clients riches en frappant de tarifs les produits qu'ils ne demanderaient qu'à échanger contre les nôtres ; aller chercher des acheteurs pauvres au loin; leur offrir à de plus mauvaises conditions que nos concurrents des produits dont ils n'ont pas besoin; leur refuser ceux

qu'ils désireraient; les massacrer et les ruiner pour leur apprendre à devenir des clients sérieux.

Si nos hommes d*État voulaient bien se considérer tout simplement comme des chefs d'usine, et appliquer à la politique les procédés de l'industrie privée, peut-être aurions-nous plus à gagner qu'à la « politique coloniale. »

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