‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 118 sur 126 · LETTRE LXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXIII

PRODUmB POUR VETTORE

Le produit. — La politique de l'industrieL — La vente. — La politique

de l'homme d'Etat.

— Tu veux te créer des débouchés ! Qu*as-lu à offrir? As-lu quelque chose à vendre?

Avant de se préoccuper des débouchés, il est peut-être nécessaire de se préoccuper du produit.

Pourquoi cette ménagère vend-elle si facilement son beurre sur le marché, plus cher que ses rivales? C'est qu'il a la réputation d'être toujours excellent. Voilà du vin : pourquoi celui de ce propriétaire s'écoule-t-il à si haut prix, celui de son voisin se vend-il si difficilement? Le premier abonne renommée, est excellent : le second n'est pas bon ou est suspect de falsification,

Pourquoi les fabricants de rubans et de soieries mélangées de Lyon achètent-ils des fils de coton aux Anglais au lieu de les acheter aux filateurs français? C'est que les premiers leur livrent ce qui leur convient, à plus bas prix, en dépit des tarifs protecteurs! Pourquoi la Suisse exporte-t-elle pour un si gros chiffre, quoiqu'elle n'ait à sa disposition ni mer, ni ports, ni colonies?

A quoi bon multiplier ces questions? Vous avez répondu : — Le consommateur achète le produit qui lui est offert au meilleur marché et qui répond le mieux à ses besoins.

Pour vendre, il s'agit donc d*abord de faire des produits utiles, de bonne qualité, à bon marché. Munissez-vous donc d'un bon outillage ; assurezvous de matières premières au plus bas prix ; placez-vous le plus près possible des centres d'approvisionnement; ayez des moyens de communication faciles et peu onéreux ; organisez de la manière la plus simple la division du travail; procédez à un amortissement rapide ; réduisez vos frais généraux au minimum ; ayez une comptabilité toujours à jour, un contrôle de tous les instants; intéressez chacun de vos collaborateurs à la prospérité» de votre établissement; faites en sorte que tous s'y trouvent mieux que partout ailleurs; au lieu de contrarier les aptitudes, cherchez à les utiliser; appelez à vous les meilleurs travailleurs ; faites en sorte que chacun donne son maximum d'utilité; encouragez les génies inventifs; soyez à la recherche de toutes les nouveautés; tâchez d'être en avance sur tous vos compétiteurs; ne vous contentez pas du médiocre; essayez toujours de faire mieux et à plus bas prix : puis, sûr de la quahté de vos produits, cherchez vos clients.

Tout le commerce repose sur cette vérité : — Les produits s'échangent contre des produits.

Vous allez donc vous mettre en rapport avec des gens ayant des produits à vous donner en retour des

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