QUELQUES POINTS DU PROGRAMME
lieu d'en perfectionner les instruments et d'imprégner nos enfants de son esprit.
En attendant, si nous voulons que les autres pays nous ouvrent leurs frontières, ne fermons pas les noires.
Au lieu de vouloir faire des colons obligatoires, ne gênons pas les- émigrants volontaires, et ne lions pas au sol tout Français valide jusqu'à l'âge de quarante ans.
Ne subventionnons pas l'émigration des capitaux dans nos colonies ; mais ne décourageons pas l'immigration des capitaux étrangers, soit dans la métropole, soit dans les colonies, par nos formalités absurdes relatives aux sociétés, nos droits fiscaux et l'arbitraire administratif!
Jamais d'annexions de territoires : elles multiplient les frais de garde , les périls , et ne rapportent que des ennuis quand ce ne sont pas des hontes.
Conventions internationales semblables à celle de la Conférence Africaine relative au Congo, fondées sur les principes de libre échange et de neutralité.
Mais en plus : Respect des droits des indigènes, occupant le territoire.
Remplacement, auprès d'eux, des missionnaires^ religieux par des maîtres d'école et des médecins.
On a donné jusqu'à présent des récompenses aux soldats qui ont le plus tué d'indigènes : les unions, faites en dehors des formes du mariage, entre Français et femmes indigènes, sont dépourvues de toute sanction. Il faut que ces unions assurent aux enfants les droits spécifiés dans les contrats privés qui
auront pu intervenir, quelque forme qu'ils revêtent. Il faut transformer les types humains par les croisements et la sélection, comme on transforme les types des races ovine, chevaline ou bovine.
Il faut substituer, entre peuples habitant les diverses parties du globe, aux rapports belliqueux des rapports commerciaux, sexuels et éducateurs.
Il faut transformer les actions réflexes héréditaires par le croisement, l'éducation, l'échange, l'exemple.
Dans cette œuvre, l'observation scientifique impartiale doit remplacer la politique de rapacité et le fanatisme religieux.
Le temps doit être considéré comme un facteur dont on ne saurait faire abstraction.
Pour détruire les préjugés des autres peuples, nous devons d'abord nous débarrasser des nôtres.
Pour comprendre l'homme, nous devons commencer par le respecter, et mieux nous nous connaissons nous-mêmes, plus nous devons éprouver de sympathie pour des congénères, qui ne sont séparés de nous que par des nuances à travers lesquelles se retrouvent un Voltaire ou un Herbert Spencer !