‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 23 sur 126 · I.ES ENGOURAGElylENTS A L'ÉAilGRATION · texte numérisé non relu

I.ES ENGOURAGElylENTS A L'ÉAilGRATION

Contradiction. — Les colonisateurs en chambre. — Passez les premiers. —

La politique de croque-morts.

De 1852 à 1867, une somme de 430,000 fr. était >--<-$' -^ inscrite au budget des colonies pour le passage des j^^^^^^^^j^^f, émigrants; elle est tombée à 59,000 fr., faute d'em- ' ,

ploi. Le ministère de Tlntérieur donne aussi des pas- *^'^' sages gratuits pour TAlgérie; et une somme de i. N**wf 1,171,300 fr. ôst proposée au budget de 1885 pour la création de nouveaux centres en Algérie.

?ance,^îrcu1ent7 régnent deux opinions courantes, contradictoires, mais n'en formant qu'une : Clés Français ne font pas assez d'enfants ; on ne sait \^e faire de ceux qui sont faits.

De là cette conclusion, donnée quotidiennement par des gens sérieux : la nécessité pour les parents de faire des enfants et pour le gouvernement de s'en débarrasser, une fois faits, en les expédiant dans des pays lointains, soit de gré ou de force.

Il serait plus simple de s'épargner les frais de fa" brication pour ceux qui doivent aller en Cochinchine, au Tonkin, à la Réunion, à Mayotte, à Nossi- Bé, au Sénégal, au Gabon, à la Martinique, à la

Guadeloupe, à la Guyane. Le résultat final serait le même.

Toutes nos colonies, sauf TAlgérie et la Nouvelle- Calédonie, situées dans le climat torride, sont des pompes aspirantes pour nos compatriotes. Elles absorbent toutes les vies qu'on leur livre ; elles ne rendent rien.

Des gens, le ventre à table, les pieds au feu, tranquillement à Paris, enflent la voix en parlant des colonies, écrivent, discourent, et se gardent bien de s'éloigner du rayon de FOpéra, mais ils éprouvent une profonde indignation contre leur? compatriotes qui refusent d'aller y mourir.

— Eh ! mais, usez-en vous-mêmes î Passez les premiers, messieurs !

Ils préfèrent ressasser leur formule : — Nécessité des colonies pour l'expansion de la race française.

Les faits leur répondent : — Le résultat de la politique coloniale française est une consommation de Français.

Ce qui est grave, c'est que ces partisans de la politique coloniale, — envoient dans ces foyers d'in- •fection, non seulement des dupes séduites par leurs belles promesses, mais nos marins, nos soldats qui ne sont pas libres d'accepter ou de refuser, ceux qui ayant eu la malechance de tomber sur les premiers numéros du tirage au sort, sont incorporés dans l'infanterie de marine.

Ils y partent vigoureux, ils en reviennent anémiques, souvent atteints pour toujours, incapables de rentrer utilement dans la vie civile, à charge à

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