‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 36 sur 126 · DÉBOUCHÉS A NOS PRODUITS · texte numérisé non relu

DÉBOUCHÉS A NOS PRODUITS

voir CjB qu'elles ont coûté et ce qu'elles coûtent tous les jours.

Nous ne parlons pas des guerres auxquelles elles ont servi de prétexte dans le passé ; le décompte en serait effroyable.

Nous ne parlons même pas des guerres qui ont servi à leur établissement; le total des importations de France en Algérie serait loin de représenter Tintérêt des milliards qui y ont été engloutis, sans compter la valeur des vies humaines qui y ont été consommées.

Mais, actuellement, les Algériens disent que l'Algérie se suffît à peu près à elle-même. Ne chicanons pas sur les détails. Tous reconnaissent que les frais de la force armée doivent rester à la charge de la mère-patrié. Or, nous entretenons, en Algérie, 50,000 hommes, soit 50 millions par an !

Pour quelle part comptent dans la consommation de ces 154 millions, ces 50,000 hommes, et tous les fonctionnaires, agents, concessionnaires, qui n'ont qu'une vie factice aux dépens des contribuables de la mère-patrie? Il y a des rails, des machines importés de France en Algérie : mais n'est-ce pas grâce aux garanties d'intérêts de la France? Le mouvement de la navigation n'est-il pas entretenu à l'aide d'une subvention? Quand on veut avoir le chiffre des bénéfices que les colonies peuvent rapporter à la métropole, il faut examiner un à un tous ces artifices de compatibilité.

Pour les autres colonies, c'est encore pis.

Le Sénégal importe pour 7 millions de marchan-

dises; au budget ordinaire, il coûte 3,610,000francs, sans compter le service pénitentiaire, la solde et les frais de passage de la garnison et des fonctionnaires, la subvention aux Messageries maritimes. Ses importations sont destinées à Tarmée et aux fonctionnaires. Il faut ajouter 4,600,000 francs d'avances à la Compagnie du chemin de fer de Dakar à Saint- Louis; 3,110,000 francs pour le Haut-Sénégal. Le budget est plus élevé que le commerce! Nous sommes encore fort heureux d'avoir échappé au chemin de fer de 120 millions que proposait Tamiral Jauréguiberry, ministre de la marine, en 1880.

La Gochinchine est la plus prospère de nos colonies. Elle subvient à toutes les dépenses de la justice, des troupes indigènes qui, dans les autres possessions, sont supportées par la métropole; elle verse au budget une subvention de 2 millions.

Mais elle est inscrite au ministère de la marine pour une somme de 4,798,000 francs, non compris la solde et les frais de passage de la garnison et d'un certain nombre de fonctionnaires, la subvention des Messageries maritimes. Elle a importé, en 1882, pour 5 millions de francs de marchandises françaises. Comparez maintenant le bénéfice au prix de revient, et je ne parle pas de toutes les expéditions qu'elle a coûtées, et de la guerre du Tonkin et de la Chine, qu'elle nous a value!

Le budget ordinaire des colonies, Algérie non comprise, est de 26 millions, 34 millions avec le service pénitentiaire ; les troupes d'infanterie et d'artillerie de marine, entretenues en vue des co-

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