LETTRE XIX
LA GLIENTÈIiE AUTOGHTHONE
C'est de la faute à l'administration. — Les besoins des indigènes. Le pouvoir d'achat des indigènes.
Les faits que nous venons de citer sont indéniables ; mais, ce serait bien mal connaître la force d'un préjugé que de croire qu'ils suffisent pour faire renoncer aux théories relatives à la politique coloniale.
— C'est vrai, vous dit-on ; notre commerce avec nos colonies est insignifiant : nos importations ne montent pas au total des dépenses directes qu'elles nous coûtent. Que serait-ce donc, si nous mettions en ligne de compte les dépenses indirectes ? Mais si les colonies ne sont pas devenues jusqu'à présent un débouché pour notre industrie, elles n'en sont pas moins susceptibles de le devenir.
— Alors pourquoi ont-elles tant tardé ?
— C'est la faute à l'administration !
— Naturellement. Le Français, demandant tout au gouvernement, rend le gouvernement responsable de tout. Nous reconnaissons qu'en matière de colonies, sa responsabilité est complète^ car elles sont son œuvre, et il prétend grâce à elles créer des