‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 54 sur 126 · AVEUX · texte numérisé non relu

AVEUX

Les colonies espagnoles. — Les colonies du Danemark et de la Suède. Les colonies hollandaises. — Jamais de profit!

M. Paul Leroy-Beaulieu, quoique libre échangiste en principe, est un apôtre enthousiaste de la politique coloniale.

Cependant voici de quelle manière il évalue les profits que TEspagne a retirés de ses colonies :

« Les princes Espagnols s'habituèrent à dédaigner toute autre source de richesse que les mines d'Amérique ; ils n'eurent que mépris pour l'industrie et l'agriculture métropolitaines ; ils ne crurent pas s'appauvrir en bannissant des légions de citoyens industrieux, dont le seul crime étaij, d'avoir la foi de leurs pères et plus de richesses que leurs vainqueurs. C'était bien peu de chose cependant que les revenus que l'Amérique donnait au trésor royal en comparaison de cette source vivante et inépuisable de richesses qui consiste dans l'industrie d'un grand peuple laborieux. L'excédent réel de l'administration coloniale qui, au temps de Humboldt, arrivait à la caisse de l'État, était au plus de 5 millions de piastres (1). »

■'!) De la Coloniiation chez les peuples mode mes, UG-39.

Puis M. Paul Leroy-Beaulieu montre tous les inconvénients résultant de l'institution des monopoles. On ne songe plus à travailler. On demande des faveurs à l'Etat. Les métaux précieux abondent, par cela même se déprécient. Tous les objets indispensables à la vie atteignent des prix plus élevés que dans les pays voisins : de là l'impuissance pour l'industrie espagnole de soutenir la concurrence contre les produits étrangers , de là les beaux jours de la contrebande.

M. Leroy-Beaulieu n'est pas moins sévère relativement aux essais de colonisation du Danemarck et de la Suède :

« On peut dire que ces deux pays, en consacrant une grande partie de leurs richesses à des placements lointains, ont nui d'une manière permanente à leur développement intérieur. Ils semblent revenir de nos jours à des vues plus judicieuses et, en vendant à haut prix leurs îlots d'Amérique, ils se procurent un capital qui trouvera un champ largement productif dans le Danemarck ou dans la Suède (1). »

M. Leroy-Beaulieu reconnaît également que Ja politique coloniale de la Hollande fut une cause de corruption, d'affaiblissement et d'abaissement pour elle (2).

Cependant des deux seules colonies qui aient fourni un revenu régulier à leur mère-patrie, l'une est Java, colonie hollandaise ; l'autre est une colo-

(1) Lerov-BeauUeu, âe la Colonisation chez les peuples modernes, 190-91.

(2) Ibid. p. 81-82.

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