‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 60 sur 126 · HISTOIRE DE RIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE RIRE

Le Français s'indigne au récit de la barba^rie des Espagnols, des Anglais, des Allemands, d'un air qui signifie :

— Ce n'est pas moi qui me rendrais jamais coupable de pareilles horreurs.

Et il a raison. Nous ne disons pas qu'on ne puisse lui en reprocher quelques petites, mais qu'est-ce qui fait la culpabilité? c'est l'intention. Or, lui n'en a qu'une : rire, s'amuser, faire de bonnes farces. Il coupe des arbres à fruits pour cuire sa soupe : histoire de se donner du luxe. Il incendie des maisons pour s'offrir le spectacle d'un feu de joie : histoire de remplacer Ruggieri. Il foule de ses pieds sales les tapis des mosquées : histoire de rire. Il embrasse les femmes et les viole plus ou moins : la galanterie française !

Il donne des coups de rotin à l'Annamite qui ne se range pas assez vite, des coups de bâton à l'Arabe qui ne gare pas son chameau ou ses moutons : histoire de faire un peu d'embarras î

— Comment ! tu te fâches, idiot ! Tu ne comprends donc pas la plaisanterie? Tu n'es qu'un mauvais caractère I Tiens, pour ta peine î

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