COUR CRIMINELILE—GRANDS JURÉS
tranquilité domestique. Pour obtenir ce double but, chaque individu abandonne une partie de ses biens et, jusqu’à un certain point, une partie de sa liberté : bien plus, pour assurer la tranquilité domestique il nous faut, ce qui est beaucoup plus important, faire le sacrifice d’une partie de notre sécurité personnelle. En effet, l'autbrité civile qui protège tous ses membres livre au pouvoir judiciaire ceux qui sont soupçonnés où accusés de troubler l’ordre public afin de les punir ou de les rejeter de son sein, s'il est nécessaire.
Le pouvoir judiciaire qui dispose des biens, de l'honneur et de la vie des citoyens est donc un pouvoir redoutable, et tous nos soins doivent tendre à restreindre le plus possible les dangers qu'il fait courir à notre liberté et à notre sécurité personnelle. L’exercise et la conservation de la liberté ne sont possibles que si les individus sont et se sentent garantis contre l'arbitraire et contre toute possibilité d'’attenter à leur sécurité personnelle en dehors des règles établies.
La loi livre donc les personnes accusées d’avoir blessé l'ordre public au jugement de quelques hommes qui prononcent sans appel sur leur sort, et dont la décision, étant hors de tout contrôle, est toujours un peu arbitraire. Le système des jurés a l'avantage de donner dans ces cas à l'accusé, non des adversaires ni des juges endurcis qui ne font qu'exercer un métier journalier, mais des personnes qui s'intéressent à son sort par une communauté d'intérêt et de position sociale.
Sans doute le juré manque de cette connaissance pratique que le juge possède, et qui assure à celui-ci une grande supériorité sur le premier, pour la découverte des crimes. La sagesse du juré sera souvent surprise et ses sentiments
sidered as popular channels ; but I consider that the abolition of the grand jury would be a most dangerous innovation and the destruction of a great safeguard of our public liberties .….....….
The excellence of our system does not depend on its symmetry, but on a suc ‘ssion of checks and counterchecks which prevent any influence from becoming omnipotent.”’