CHANSON DE BRIGAND
« Ne fais pas de bruit, ma petite forêt verte ; ma mère, « ne me trouble pas dans mes pensées, car demain matin « je dois aller à l'interrogatoire devant le terrible juge, a devant le tsar lui-même.
« Le tsar m'adressera la parole et me dira : Réponds, a réponds, mon enfant, fils de paysan, avec qui as-tu mené « la vie de brigand? Avais-tu beaucoup de compagnons?
« Je répondrai : Tsar mon espoir, tsar très-chrétien, je « te ferai connaître toute la vérité. Des compagnons, j'en «avais quatre : le premier, c'était la nuit obscure; le <c second, c'était mon couteau d'acier ; le troisième, mon « bon cheval, et le quatrième, mon arc bien tendu. Mes « messagers, c'étaient les flèches durcies au feu.
« Alors le tsar mon espoir, le tsar très-chrétien médira: « Honneur à toi, mon enfant, qui sais si bien voler et si « bien parler ! pour ta récompense, je te ferai un beau préce sent, je te donnerai un palais au milieu des champs, « deux poteaux et une corde de chanvre. »