‹ Lettres sur la Russie, la Finlande et la PologneChapitre 4 sur 36 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

la cabane silencieuse du pêcheur, je voulais voir les villes de cette contrée solitaire, fondées par les rois , éclairées par la science , éveillées et animées par le mouvement général de la civilisation. A Abo, j'aimais à rechercher les premières traces des écoles et de l'érudition finlandaise. A Helsingfors , je trouvais une grande et belle université , des livres , des journaux, tout ce qui tient au progrès des idées modernes, tempéré par un mélange original de traditions anciennes.

De Helsingfors à Pétersbourg, je n'avais plus qu'un étroit espace à franchir. La tentation était trop forte, je n'ai pu y résister, et une fois arrivé en Russie, je n'ai pu me borner à une étude purement littéraire. Tout ce qui m'apparaissait à travers ce pays si nouveau pour moi, si vaste et si varié dans son apparente uniformité, m'entraînait dans un cercle d'observations bien plus étendu, plus curieux et plus saisissant que ceux où j'étais entré jusque-là. Aspect de la contrée , caractère du peuple , administration , commerce, progrès merveilleux d'une nation si obscure encore il y a cent ans , base do sa puissance, rêves de son avenir, j'aurais voulu tout connaître, tout juger à la fois.

Quand à cette première ardeur a succédé la ré-

Page 1