‹ Lettres sur la syphilisChapitre 4 sur 95 · PREMIÈRE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE

Motif de ces lettres. — Réflexions préliminaires sur les anciens.

— Ce que l'on doit leur demander, ce qu'on peut en attendre.

— Opinion sur les modernes et les contemporains. — Où en était la syphilographie après Broussais, Cullerier, Richond des Brus, Desruelles, Devergie, .lourdan. — Ce qu'il fallait faire. — L'observation et l'expérimentation. — Mode à suivre pour l'expérimentation. — Expérimentation de l'homme aux animaux, de l'homme malade à l'homme sain, de l'homme malade sur lui-même.

Mon cher confrère et ami,

La doctrine nouvelle sur la syphilis éprouve le sort de toute découverte scientifique. Depuis bientôt vingt ans, par mon enseignement et par mes ouvrages je cherche à la faire pénétrer dans l'esprit de mes contemporains; je vois qu'elle n'est pas cependant également comprise par tout le monde ; certains adversaires lui font encore des objections que cent fois j'ai réfutées ; et, chose plus curieuse, cer-

tains autres reprennent des objections soulevées par moi-même, et s'imaginent, un peu naïvement peutêtre, me battre avec des arguments par moi-même introduits dans cette discussion.

De cela, je ne suis ni étonné ni indigné. J'y trouve, au contraire, une excitation nouvelle pour continuer mon œuvre; et, loin de me plaindre de mes adversaires, je les remercierais plutôt de ne pas laisser s'allanguir mon zèle en le tenant en éveil.

Aussi viens-je vous demander la permission de remettre en lumière, par le concours de votre journal si répandu, les véritables doctrines de l'hôpital du Midi. C'est vous dire que c'est moins une réponse individuelle qu'une exposition générale que j'ai l'intention de faire. Sur mes pas, je rencontrerai les objections et je tâcherai d'y répondre ; je me préoccuperai aussi, et autant que je le dois faire, d'une publication récente due à la plume d'un de vos collaborateurs, qui, pour trouver des élèves, n'avait pas besoin d'aller les chercher modestement en province (1). Je m'occuperai aussi des objections qui m'ont été présentées par divers collègues dans les discussions à l'Académie de Médecine, discussions que votre journal a si fidèlement reproduites, et qui ont été pour vous le sujet d'appréciations aussi impartiales que courtoises.

Je vous présenterai, mon cher ami, une réflexion préliminaire inspirée par cette publication à laquelle

(1) Allusion buxLettres à un élève de province sur l'inoculation publiées par M. Vidal, de Cassis, dans l'Union médicale.

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