‹ Lettres sur la syphilisChapitre 47 sur 95 · CONDITIONS DE L INOCULATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE L INOCULATION

de Fabrice de Hilden, d'accidents pris en couchant dans des draps dans lesquels des personnes infectées avaient déjà couché, et tant d'autres enfin sont ainsi devenues incontestables.

Vous allez me permettre encore de vous dire un mot des conditions dans lesquelles doit se trouver la partie qu'on va inoculer. Quelle qu'elle soit, peau ou muqueuse, de n'importe quelle région, il suffit d'une légère solution de continuité, sans l'aide d'aucun acte physiologique, pou?" que l'effet soit reproduit ; il n'y a pas ici, comme pour la variole et le vaccin, de rèfractaires à Faccident primitif; pas de privilège d'idiosyncrasie, l'égalité la plus parfaite existe, en présence d'une pointe de lancette chargée de matière virulente. La syphilisation qui se gêne si peu, en fait de preuves, n'est pas encore parvenue à prouver le contraire ; loin de là, elle vous dit que, quand elle ne peut plus inoculer, c'est que le bon pus lui manque; c'est la graine qui peut être de mauvaise qualité, mais non le terrain qui est stérile !

. Ainsi donc, mon cher ami, toujours l'inoculation faite avec le pus provenant de l'accident primitif, avec le pus de chancre, dans les conditions que je viens de rappeler, a produit des résultats identiques, que l'expérimentation ait eu pour sujet le malade qui avait fourni le pus, ou bien que le pus, ainsi que Font fait quelques expérimentateurs, ait été inoculé d'un individu malade à un individu sain.

On a cependant dit encore : Il est imprudent, téméraire^ impossible de rien conclure de l'inoculation

artificielle; vous imposez à la nature des conditions autres que celles où elle se place dans la contagion qu'on peut appeler naturelle par opposition. Et frappant d'anathème cette inoculation artificielle, d'elle on a cru pouvoir dire ce qu'on a dit de l'expérimentation physiologique :

La torture interroge et la douleur répond.

Notre célèbre physiologiste Magendie vous dira ce qu'il pense de cette indignation des poêles. Quanta moi, qui ne peux parler avec la même autorité, je dirai cependant que je ne conteste pas à la nature ses mystères, que je sais qu'elle fait beaucoup de choses par des procédés qu'elle nous cache ; mais je soutiens aussi que ce serait une indigne faiblesse de chercher à la rendre encore plus mystérieuse, à épaissir encore les voiles qui la couvrent; qu'il serait honteux de fermer les yeux quand elle veut se dévoiler.

Voyons donc s'il existe quelque différence réelle entre la contagion naturelle et la contagion artificielle. Je vous dirai ce que j'en pense dans ma prochaine lettre.

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