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FAITS DE WALLACE

et de l'assistance quand, portant un doigt téméraire et un regard scrutateur dans certains replis muqueux, je parvenais à découvrir dans la perfide Albion une porte de derrière. Je dois ajouter que tout aussitôt le chef de service jetait un voile, ou, moins poétiquement, laissait tomber le drap sur ces stigmates trop visibles d'une contagion fort explicable.

Pour en revenir à Wallace, il est bien singulier, que lui, qui a fait un si grand nombre d'inoculations, n'ait réussi à inoculer les accidents secondaires que dans deux cas et qu'il les ait si mal déterminés. Ces cas constitueraient une exception, et il ne peut pas y avoir d'exception. Les accidents secondaires s'inoculent ou ne s'inoculent pas. Veuillez vous rappeler ce que j'ai dit des blennorrhagies prétendues exceptionnelles de Bell ; il ne pouvait pour elles y avoir d'exception, et l'expérimentation a prouvé, en effet, que les cas exceptionnels rentraient dans la loi du chancre inoculable.

Mais si les faits qui se passent de l'autre côté de la Manche peuvent, ainsi que je crois l'avoir prouvé, susciter des doutes très-raisonnables, voici un fait qui s'est passé tout près de moi et qui paraît présenter plus de valeur.

C'est à l'hôpital du Midi même que ce fait a eu lieu ; je n'aurais pas mission de vous en parler, si une partie intéressée, trop intéressée, ne m'en avait donné le droit.

Il s'agit d'accidents secondaires inoculés d'un malade à un individu sain. L'inoculation a parfaitement

réussi. Un de nos confrères, qui, sans être casuiste, n'est cependant pas favorable aux recherches expérimentales, a pratiqué lui-même cette inoculation et a planté, sur chacun des avant-bras d'un des internes de l'hôpital un chancre qui s'est induré, qui a déterminé l'engorgement indolent des ganglions axillaires, et qui, dans les quatre mois qui ont suivi, a donné lieu à des accidents secondaires, parfaitement caractérisés : céphalée nocturne; alopécie, éruptions croûteuses du cuir chevelu, plaques muqueuses du voile du palais (psoriasis des muqueuses), etc. ; c'est la vérole constitutionnelle la moins contestable possible, et je n'ai nulle envie de la contester.

Mais — là est toute la question — de quelle nature étaient les accidents qui ont fourni le pus inoculé ? Le malade chez lequel a été puisée la matière inoculable, d'après l'observation qui m'a été remise par l'interne inoculé, était affecté d'un chancre induré datant de six semaines et cicatrisé ; il portait des plaques muqueuses à l'anus ; des rhagades aux orteils; des pustules agglomérées sur la région thoraciques : pustules larges, couvertes de croûtes, audessous desquelles se voyaient des ulcérations à marche croissante et tendant même à se titans border; il en existait quelques-unes dans les régions inguinales et sur le côté de la poitrine où siégeait le groupe principal.

Avant d'être inoculé à l'élève, le pus de ces pustules avait été inoculé, sur les deux cuisses, au malade lui-même. Cette inoculation avait donné un

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résultat positif, circonstance qui, sans vn grand amour de l'expérimentation, aurait dû empêcher l'inoculation sur un individu sain.

Ce malade avait donc très-certainement une syphilis constitutionnelle et présentait des accidents caractéristiques et d'une nature incontestable. Mais, chez lui, tous les accidents étaient-ils fatalement de la même nature? La vérole constitutionnelle, comme on le sait, n'empêche nullement de contracter de nouveaux accidents primitifs, accidents illimités dans leur nombre, infiniment variés dans leur siège. Dans ce cas particulier, les accidents auxquels on a emprunté le pus : ulcères croissants, croûteux, trèsétendus, chez un individu depuis six semaines seulement sous l'influence de la diathèse syphilitique, offrant du reste dans les autres régions l'évolution régulière des accidents secondaires de cette période, me permettent d'émettre un doute, qui, pour l'élève qui a subi l'inoculation, est aujourd'hui une certitude, à savoir, que les accidents auxquels le pus a été emprunté n'étaient pas des accidents secondaires.

Je n'ai pas vu le malade qui a fourni le pus inoculable, il a bientôt quitté l'hôpital après cette expérimentation, et V élève intéressé n'a pu le retrouver. Mais l'importance de ce fait, tout contestable qu'il soit, nous a engagés, mon honorable confrère M. Puche et moi, à recommencer une série d'expérimentations sur l'inoculation des accidents secondaires. Nous avons déjà fait une vingtaine d'expériences qui, toutes, ne nous ont donné que les résultats autrefois

obtenus, c'est-à-dire des résultats négatifs. Les inoculations ont été faites avec du pus de papules muqueuses, d'ecthyma, de rupia, de tubercules ulcérés, d'ulcérations serpigineuses secondaires ; jamais encore nous n'avons rien obtenu. Voici, à ce sujet, deux observations curieuses qui ont eu pour témoins les nombreux élèves qui suivent ma clinique :

Deux malades, couchés à côté l'un de l'autre, salle lre, n08 16 et 17, portaient, l'un, le n° 16, une ulcération croûteuse de la région axillaire, à marche croissante, serpigineuse ; l'autre, le n° 17, une ulcération de la région postérieure et latérale droite du cou, de six à huit centimètres de diamètre, ulcération croissante, guérissant au centre et s'étendant en circonférence ; ce malade portait encore sur d'autres régions du rupia isolé, de l'ecthyma groupé, et sur la plus grande partie du torse et des membres, il avait des cicatrices caractéristiques dues à des syphilides puslulo-crustacées.

Ces deux malades ont été inoculés à la cuisse. Chez le n° 17, l'inoculation a réussi ; la réussite avait été prédite ; chez le n° 17, nous avions annoncé que l'inoculation serait négative, elle a été négative. Pourquoi ? C'est que l'ulcération du n° 17 était véritablement secondaire ; tandis que, chez le n° 16, l'éruption croûteuse ulcérante de la région axillaire, qui avait l'aspect des ulcérations pustuleuses crustacées appartenant à la syphilis constitutionnelle, avait été le résultat elle-même d'une inoculation, et voici comment. Ce malade avait eu d'abord un abcès

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