‹ Lettres sur la syphilisChapitre 55 sur 95 · FAITS DE WALLACE · texte numérisé non relu

FAITS DE WALLACE

n'est que le l& décembre suivant qu'il s'est formé sur le lieu des piqûres une petite papule, papule tout aussitôt couverte de croûtes, au-dessous desquelles on observe un petit ulcère superficiel. De là l'évolution des symptômes décrits par Wallace et qui pourraient bien avoir une tout autre origine.

Chez le second sujet, inoculé sur le prépuce le lar juin, ce n'est que le 28 juin qu'on trouve, sur les parties jusque-là abandonnées à elles-mêmes sans précaution, une petite croûte d'un jaune sale, entourée d'une auréole. Les glandes des deux aines se gonflent, le point couvert de croûtes est à peine excorié ; le 24 juillet, le corps tout entier se couvre d'un exanthème dont les caractères semblent syphilitiques. Plus tard, on découvre à l'anus des accidents dont on ne prouve pas l'origine; sans doute que, par la description, ces accidents ressemblent beaucoup à des papules muqueuses, et ces papules existent aussi sur les bourses, sur le dos de la langue et sur les amygdales; mais le raphé du malade est rouge et très-tuméfié ; le malade assure qu'en marchant un suintement ires-considérable s'échappe de Vanus. Or, la tuméfaction du raphé et la suppuration intra-anale se rencontrent très-souvent dans le chancre ou ulcère primitif de cette région. L'accident primitif contracté à preposterâ vénères, pour siège de prédilection la partie antérieure de l'anus où vient aboutir le raphé. Il y a donc, chez ce malade, plus de probabilité pour l'existence d'un accident primitif, qui aurait débuté par là, et sur lequel on n'avait

pris aucun renseignement préalable, que pour placer le début de la maladie dans ce qui a été observé sur le prépuce, qui n'a présenté aucun des signes par lesquels débute la syphilis. J'ajoute enfin que, dans les inoculations bien faites, l'évolution des symptômes peut être quelquefois lente, mais elle est toujours incessante, et l'on ne voit jamais des intervalles d'un mois ou vingt-huit jours entre l'inoculation et l'apparition des accidents.

Donc, mon cher ami, que de motifs de doute dans <?es deux observations de Wallace ! Après l'analyse que je viens d'en faire, je ne puis penser qu'elles servent encore d'appui à la doctrine de l'inoculation des accidents secondaires.

Je viens de vous parler de la possibilité d'un chancre anal chez le second malade ; cette supposition me paraît d'autant plus fondée, qu'en Angleterre on recherche peu ce siège du chancre ; les habitudes médicales anglaises reflètent cette sorte de pudeur outrée qui caractérise celte nation. Je me rappelle que dans un voyage à Londres on me montrait, à l'hôpital Saint-Barthélémy, avec une sorte d'empressement, des femmes et des hommes affectés d'accidents secondaires, que l'on considérait comme le •résultat immédiat de la contagion. Mon ami, le docteur Aclon, assistait à cette exhibition. Vous savez que je crois infiniment peu à la syphilis constitutionnelle d'emblée, par voie de contagion ; aussi, usant de mon droit de visite, je me mis à la recherche. Je souris encore de l'air effarouché du chef de service

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