DIX-SEPTIÈME LETTRE
Théorie de la transplantation du pus du chancre de l'homme au singe et du singe à l'homme. — Lettre de M. Cullerier sur l'inoculation de l'homme au singe.
Mon cher ami,
Décidément on ne peut plaire à tout le monde, et cette vieille vérité si ingénieusement présentée par La Fontaine, est surtout bonne à rappeler quand il s'agit de science médicale.
Les singes m'ont porté malheur; je n'ai pas contenté les expérimentateurs qui ont la prétention de leur avoir inoculé la syphilis, et j'ai bien moins satisfait encore ceux qui ne croient pas à cette prétendue inoculation.
Cependant, voyez comme on s'abuse, j'avais la naïveté de penser que des deux parts je méritais quelques éloges. Vous allez voir quelle était mon erreur.
Le jeune confrère bavarois qui vient tout récemment d'inoculer son nom à la syphilis, nous a reproché, à moi et a d'autres, de nous être hâtés dans nos conclusions sur la non-transmissibilité delà syphilis aux animaux. Cependant, si je compte bien, depuis Hunter, il s'est écoulé un peu plus de vingt-quatre heures, et le temps a été assez long pour qu'on ait pu ré-