EXPERIMENTATION
tats négatifs. Il est vrai que, depuis, un expérimentateur qui a attaché son nom à de bien plus graves essais a réussi à transplanter le pus du chancre de l'homme aux animaux, et c'est un point sur lequel j'aurai à revenir dans le cours de ces lettres ; mais la seule chose que je tienne à constater dans ce moment, c'est qu'à l'époque où je commençai mon expérimentation, rien n'autorisait à admettre, tout portait à rejeter la possibilité de la transmission de la syphilis de l'homme aux animaux. Vous verrez plus tard ce qu'il faut penser de quelques expériences récentes et dont on a fait grand bruit.
Il fallait donc chercher un autre mode d'expérimentation.
Gomment fallait-il procéder à cette expérimentation ?
On pouvait inoculer d'un malade à un individu sain ;
On pouvait expérimenter sur le malade lui-même.
Le premier mode d'expérimentation, c'est-à-dire l'inoculation d'un malade à un individu sain, m'a paru devoir êîre toujours repoussé par le médecin. Je ne crois pas qu'on ait le droit de faire des expériences semblables. Non-seulement le médecin ne peut pas faire servir son autorité naturelle pour exciter qui que ce soit à subir des expérimentations de cette nature ; mais je crois encore que le médecin doit résister aux désirs des individus qui, séduits par un généreux dévouement, veulent volontairement s'exposer aux chances de l'expérimentation. Je
ne jette aucun blâme sur ceux qui ont agi différemment. Je répète seulement que, pour mon compte, je n'ai pas voulu procéder ainsi. Restait l'expérimentation sur le malade lui-môme.
Cette expérimentation pouvait-elle présenter des inconvénients et des dangers pour le malade ?
Cette expérimentation, dans le cas d'innocuité, pouvait-elle conduire à des résultats concluants?
Voici ce qu'apprenaient à cet égard l'histoire, l'observation et l'expérience.
Il était généralement admis qu'une première contagionn'en empôchaitpas uneseconde,et levieux dicton de vérole sur vérole avait encore toute sapuissance. On sait aujourd'hui ce qu'il faut entendre par là.
Quant aux inconvénients et aux dangers, nous voyons tous les jours qu'il est rare que les accidents primitifs soient isolés, qu'ils se multiplient avec une grande facilité, et que, sérieusement, la gravité de la maladie n'est pas en rapport avec le nombre de ces accidents, dans de certaines limites.
Donc, pour éclairer une aussi grave question d'étiologieetde pratique, l'art pouvait, sans inconvénient, faire ce que la nature fait le plus habituellement.
Une question beaucoup plus grave se présentait ici : les accidents profonds et consécutifs d'infection à redouter devaient-ils être en raison du nombre des lésions primitives ?
L'observation rigoureuse, l'observation clinique de tous les temps, a prouvé et prouve tous les jours que la vérole constitutionnelle n'est pas en raison