‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 124 sur 180 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Où. 1*011 trouva une ag rëable répétition du procéda qui consiste à transporter une imputation et une condamnation désagréables, de la tète du coupable sur la tète de Tinnocent ; une bonne méthode ne pouvant jamais trop servir; une calomnie être trop répétée, ni un pape trop flétri.

Le précédent chapitre, mon Père, est assurément fort sérieux, et Dieu veuille qu'il soit plus intéressant à lire qu'il n*a été divertissant pour celui qui Ta écrit. A vrai dire, il traite le point capital de toute cette aflkire d'Honoritis, et il est étrange que, traitant cette matière, vous ne l'ayez pas compris vousmême, ou que le comprenant, vous l'ayez oublié; ce qui, pour vos lecteurs, revient absolument au même.

Quant à nous, nous avons cru, jusqu'à présent, vous démontrer deux choses : la première, que les lettres du pape Honorius, fussent-elles c^ que vous les supposez, ne sont point pour cela hérétiques : et la seconde que ces lettres ne sont point intégralement celles qui nous sont parvenues, parce que si, telles que nous les possédons, elles sont orthodoxes, elles n'en demeureraient pas moins absurdes et inexplicables, et nous avons appuyé cette démonstration sur des fïjffts historique» et certains.

Nous avons déjà montré que le Concile n'a entendu condamner le pape Honorius que pour une faute de négligence. Comme cette culpabilité n'est pas tine matière de foi ni un fait dogmatique, nous ne partageons pas, sur ce point, l'opinion du Concile ; mais enfin si, comme il est probable, ses actes sont authentiques, nous disons que le VP Concile ne pensait pas autre chose, et ne Ta condamné que comme tel. Or, par une bizarrerie assez curieuse, celui qui va se charger de nous en fournir les preuves, mon très-Révérend Père, ce sera vous.

Vous écrivez bien, mon cher Père, et je serais heureux de posséder votre style ; mais ce dont je n'éprouve nul désir, c'est de partager votre suprême étourderie. Voilà où mène la passion : elle nous aveugle et nous entraine à de tels excès, qu'on accuserait volontiers celui qui se laisse guider par elle d'appartenir à l'école du mensonge, quand il n'appartient, tout bonnement, qu'à celle de la candeur.

Vous ne vous douterez jamais, mon pauvre Père, combien vous êtes candide. C'est, du reste, le propre des belles âmes; et j'espère vous le montrer, à condition que vous n'en concevrez point d'orgueil.

D'abord, vous avez la précieuse qualité de mettre votre confiance en ceux qui partagent vos opinions, de les croire sur parole, de les citer sans contrôle, de ne jamais suspecter leur science et leur bonne foi, et de les traduire avec une exquise fidélité. Vous suivez ainsi les pas d'amis d'outre-Seine, d'outre-Loire et d'outre-Rhin. Mon Père, laissez-moi vous le répéter, la confiance est une belle chose ; mais il ^ faut user,

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