‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 123 sur 180 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Leurs protestations furent-elles, comme le pense Lugo, supprimées dans les actes du Concile? Crut- on, par cette condamnation, atténuer la honte infligée aux hérétiques locaux, et les empêcher de se plaindre, en voyant englober un Pape dans la même condamnation*? Les évêques du Concile ne furent-ils pas, les uns un peu trop pressés de condamner Honorius, pour adoucir la condamnation des évêques ; les autres un peu trop hardis en portant cette condamnation par suite de cet antagonisme latent qui existait toujours entre les Eglises d'Orient et d'Occident ; même dans les meilleurs esprits? Ce sont là autant de choses humaines, dans lesquelles le Saint-Esprit n'a pas promis à son Eglise de l'assister du don de Tinfaillibilité.

Quoi qu'il en soit, mon Révérend Père, voici ce qui me semble résulter, avec grande évidence, de la petite dissertation qui précède, et que vous trouverez bien mieux faite, bien plus étendue et appuyée sur des documents certains dans les écrits de Marchesi, Bartolo et Ughi : c'est que le pape Honorius n'a eu à se reprocher aucune faute ; et que le Concile qui l'a condamné a commis une erreur de fait î mais de fait non dogmatique assurément, puisque la condamnation fut basée sur la vue de pièces fausses et que les Conciles n'ont point été institués par Dieu pour être transformés en bureaux de vérification d'écritures.

Et si vous vous trouvez trop hardi d'oser émettre cette opinion que les Conciles sont faillibles en matière de faits de cette espèce, écoutez ce que nous

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enseigne à Y\m et & Tautre ua théologien %ui iums vaut bien, mon Pàre« et qui s'appelle Saint liguôri, et qui proclame que le VX« Concile» aa s«^t de k condamnation du pape Honoriiss, est tombé dans une erreur non de fait dogmatique» mai& da. fait particulier» par suite d'informations faussa ;. sur quoi le saint ajoute : t Ton» Us auteurs sont d'accord à admettre que les Ckuu^iles généraux eux-mêmes pdayent tomber dai^ une erreur de cette espèce. »

Ici, pourtant, le saint se trompe; tous les auteurs ne sont pas d'accord, puisque vous^ affirmez le contraire; mais peut^tre bien cela était-il vrai desoa temps, ou ne Youlait-il parler que des auteurs sérieux.

Quant aux approbations pontificales données aa Vie Concile, et aux condamnations portées contre Honorius par ses successeurs, c'est ce que nous allons examiner dans le chapitre suivant.

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