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d'un nommé Jésus. 9
torique. » Gela ne vous empêche pas d'en conseiller la lecture comme étant indispensable (1). Eh bien^ vrai, si jamais je fais un livre contre la divinité de Jésus-Christ, je n'y supprimerai que le nom des auteurs catholiques ; ceox-là, seulement^ sont hostiles à l'incrédulité.
n est d'autres règles, règles utiles à connaître et faciles à mettre en pratique, dont vous vous servez souvent avec un rare avantage. Je vais essayer de les formuler ici, pour vous faire voir gue je vous ai compris : cela vous consolera. C'est, entre autres, de citer beaucoup, surtout les livres que personne ne peut lire, et, même, ceux qu'on n'a pas lus soi-même. Cela donne un parfum de science à un ouvrage qui n'en a pas. Citer à faux, quand le besoin de la cause l'exige; parce que qui veut la fin, veut les moyens. Se contredire le plus souvent que l'on peut, afin de rendre les questions aussi obscures qu'il soit humainement possible, donner des suppositions à la place de preuves, surtout quand on n'a pas de preuves à donner; et, enfin, employer le grand mot probablement, dans tous les cas où la probabilité ne peut suffire. Seulement, il ne faut jamais se servir de ce précieux adverbe en faveur de la doctrine catholique, parce qu'étant notre adversaire déclarée, nous devons tou-
(1) p. VllI.
jours la supposer dans le faux. Voilà le secret de tout votre livre; et, par un sentiment de haute philanthropie, vous nous le donnez gratis.
Il peut se faire que chslcune de vos assertions ait été mille fois réfutée ; mais cela ne fait absolument rien à la chose : d'abord, parce que la plupart des gens n'ont jamais lu ces réponses, et même ne les liront jamais ; ensuite, parce que le public est si bon qu'il ne demande plus rien, dès qu'on parvient à l'amuser un peu. Il n'est pas besoin, non plus, de prendre la peine d'écrire du nouveau, à ce qu'il paraît ; car vous ne dites que ce que disent tous les protestants d'Allemagne. Vous avez seulement tâché de le mettre en français, et de le débarrasser de la science germanique, trop indigeste pour des lecteure français.
Voilà, mon révérend Père, ce qu'il me semble avoir compris à la lecture de votre œuvre. C'est sans doute votre beau génie qui m'a parlé; puisque vous aussi avez été «frappé de l'aile de la mort (Ij. » Quoi qu'il en soit, tout en admirant, comme je le dois, cette méthode savante et consciencieuse, j'avoue que j'aurais, pour mon compte, quelque répugnance à m'en servir. C'est peut-être parce que j'ai trop peu d'esprit ► pour m'en tirer comme il faut.
(i)P.ii.
d'un nommé JÉSUS. ii
Pour en revenir à nos moutons, je ne vous ferai aucune critique sur les sources où vous avez puisé les éléments de la vie de Jésus. Seulement, d'autres vous diront que les apocryphes de l'Ancien Testament, lui étant antérieurs d'un siècle au moins, n'ont pas dû en parler beaucoup; et que quant au Talmud, qui semble avoir été votre guide unique, il ne peut non plus avoir une grande valeur, puisqu'il fut commencé plus de deux siècles après l'ère chrétienne, écrit par les ennemis du nom chrétien, et traité par vous-même de compilation bizarre et de fatras.
Au sujet des apocryphes encore, mon vénéré maître, je vous dirai, tout bas, que vous jouez de malheur; vous n'en citez que deux , et, dans le nombre, vo placez le livre de Daniel, « véritable apocryphe, dites-vous (1). Je ne suis pas savant, mais dans Tin térêt que je vous porte, je crois que vous fere? bien de changer ça, à la deuxième .édition de vitre ouvrage. Si mon curé venait à savoir que vous mettez parmi les apocryphes, un livre très -canonique, et reconnu comme tel parles Juifs, et même, par les protestants sérieux, cela pourrait vous faire du tort, et on rirait de nous, voyez-vous. Il y ades^ens qui ont lulaBible, parmi vos lecteurs, quand ce ne serait