HA
i2[ LETTRES SUR LA VIE
que moi. Je ne suis qu'un cordonnier, et pourtant, j'ai découvert ça tout seul.
Un autre petit avis, en passant. — Puisque vou& savez le grec^ à ce que vous dites, tâchez donc de le laisser tranquille, même quand il vous gène. Il vaudrait mieux n'en pas parler que de refaire un texte. Je parie que vous aurez compris ma pensée. C^est au sujet de Josèphe, vous savez, Flavius Josèphe, l'historien, qui vivait au i" siècle. Il était Juif, et, par suite, peu suspect d'être favorable à Jesus-Christ dont il ne parle qu'une fois dans ce qui nous est resté de ses œuvres, et je ne dis pas que ce ne soit pas important ce texte, puisqu'il aflSrme que Jésus était le Christ, yptoroç oSroç 3|v. — Je ne sais pas le grec, mais je copie. — Je itis bien que ce maudit petit mot ^v, était^ est assez désagréable à rencontrer dans une pareille bouche ; mais ce n'est pas une raison pour nous fourrer à la place le mot Iké^tro, qui signifle passait pour, — à ce qu'on m'a dit, — ou quelque chose d'approchant. Je n'ignore pas que vous dites : «Il devait y ètre(i). » Certainement qu'il devait y être, mais, enfin, il n'y était pas. Il a manqué à son devoir. Ce n'est pas votre faute, c'egt sûr, et personne ne vous en fera de reproches ; mais personne, ausbi, ne vous priait de réveil-
(i)P.x,Dote.
d'un nommé Jésus. 13
1er le chat qui dort. Quelle drôle d'idée que vous avez eoe là, mon pauvre maître ! et dire que vous avez fait cette boulette dès la dixième page de votre introdaction !
Mais, grands dieux, comme une sottise en attire une autre! Vous avez bien compris votre faute, et vous essayez de la réparer en disant : « On sent qu'une main chrétienne a retranché ce morceau (i). » Voyez-vous,, la finesse? va nous dire un bedeau mal élevé, c'est lui qui le retouche, le morceau, et il appelle cela une main chrétienne! Sapristi! mon révérend, ne faites plus semblable chose ; vous qui êtes si adroit à ne pas parler des textes qui. vous gênent, quelle démangeaison aviez-vous d'aller ressusciter celui-là? un texte, justement, que les cléricaux apportent comme une des preuves de la théologie. Vous deviez bien savoir ça, que diable ! vous qui avez été au séminaire. Est-ce que vous dormiez en classe , au lieu d'écouter la leçon (2).
Je vous prie de remarquer que ces observations ne sont pas précisément de moi , mail bien de M. le vicomte de Kersolon. Il en sera de même toutes les fois que je me trouverai en tête à tête avec du grec ou du latin. Rien ne vous empêche de faire comme moi : quand vous ne comprenez pas un texte, faites- vous-lc