‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 157 sur 180 · chapitre: quinzième j · texte numérisé non relu

chapitre: quinzième j

raiSQXX de vous dire que les Bréviaires anciens sont, à cause de leurs divergences infinies» ou des ineiiao^ titudes qu'ils contiennent, une très-mince autorité. Au reste, qu'importe, le Bréviaire n'est pas un Hvre de science historique ; mais principalement un livre de piété. Si vous voulez y étudier l'histoire, je doute que vous le récitiez comme il faut. Le livre de la Prière n'est destiné à faire qu'un seul genre de savants, celui des docteurs qui ne savent que Jésu&- Clvrist crucifié; et on y trouve le droit chemin du ciel, plutôt que celui de la Sorbonno ou de l'Académie.

Tandis que je m'occupe à vous écrire péniblement ces lignes, mon Révérend Père, le temps s'écoule, des réponses plus autorisées que la mienne vous arrivent de toutes part^^, et à chacune je suspends mon travail et je me dis : après ces pages magnifiques que viennent de lui écrire le docte Père D. Guéranger, le savant et doux Mgr Dechamps, M. de Margerie, il e.*t impossible que le Père Gratry ne rétracte pas ses erreurs énormes et ne répare pas le scandale de ses injures, par un acte de sainte humilité ; et je pose la plume, et je m'attends à retrouver mon Père Gratry d'autrefois : attente vaine! Les jours passent et rien n'arrive, qu'une réponse acidulée et outrecuidante, chantant victoire a[)rès une défaite, comme Arlequin pendant qu'il recevait des coups de canne : dans tout ce qu'on m'a écrit, affirmez- vous, on n'a pu relever que des fautes d'ortographe !

Je viens de vous en trouver une bonne faute d'or* thographe et, pour ne pas- quitter cette matière, je

vais VOUS en signaler une autre qui ne vatit pas moins. Il y en a à chacune de vos pages de ces fautes d'orthographes-là, mon pauvre Père.

Voici ce que vous dites encore : € Depuis des siècles, récole de dissimulation, de ruse et de mensonge travaille à étouffer l'histoire révélatrice du pape ïïonorius. On mutile le Bréviaire, Vantique Bréviaire romain qui, du VIP au XVP siècle, portait en propres termes, en termes indiscutables, la condamnation d'Honorius comme hérétique monotholite. > (p. 74).

Cette monstruosité que je lisais avec épouvante, et non sans quelque dégoût, dans la première édition de votre pamphlet, mon Père, je la retrouve dans toutes les autres, jusqu'à la dernière sans exception. Mais où donc avez-vous étudié Thistoire de l'Eglise et du Bréviaire romain? des Bréviaires du VIP siècle! Mais savez-vous que cette trouvaille serait un véritable trésor bibliographique que des savants viendraient de gaint-Péterâbourg à Paris pour contempler. Et vous avez trouvé, vous, des Bréviaires romains du SEPTIÈME siècle, c'est-à-dire cinq cents ans environ avant qu'il en existât un seul! juste ciel! mais c'est encore plus fort que de lire des professions de foi j condamnant Honorius, à la date du sikièoie, autre point que votre conscience illuminée ne vous a pas non plus permis de rétracter. Quelles petites fautes d'orthographe, mon Père, ou quelles persévérantes coquilles d'imprimeur ! Eh, de grâce, si vous voulez tricher au jeu de l'histoire, tâchez donc qu'on ne vous voie pas faire sauter la coupe, et quand on a deviné un de vos tours en le recommencez pas : le

Page 1