CHAPITRE QUmZIÈMK
professé une seule volonté et opération en Notre- Seigneur Jésus-Christ. >
Suit le latin qui ne serait pas trop mal traduit, si ce n'est que vous avez rendu la disjonctive ou par la conjonction et, et le mot prêché par professé; mais pour vous, ce n'est rien.
Ce qui m'a tant soit peu surpris, c'a été de découvrir un nouvel hérétique de plus , dont je n'avais jusque-là jamais rencontré le nom sous lesanathèmes du VI? Concile : l'hérétique Simon, ayant aussi professé, la doctrine de l'unique volonté monothélite. Pour Polychrône, je l'avais vu ; c'est un drôle de corps, que le Père Polychrône, un moine parlant en vertu d'inspirations prétendues; mais Simon? qui est-ce Simon? Ce ne peut-être Simon le magicien qui était mort au temps de saint Pierre. Qui, donc est-ce Simon? je n'avais que la ressource de consulter les actes du Concile ; je les ai rouverts et, vous Tavouerai-je, mon cher Père, j'y ai trouvé... absence complète du nom de Simon. Ne pouvant croire de votre part à un interpolation inutile, je me suis acharné à la recherche de ce malheureux Simon, monothélite; et enfin, après mille peines, vous ne devineriez jamais où, et sous quelle forme , je suis parvenu à le dénicher. C'est dans la relation envoyée par le pape saint Léon à l'empereur Constantin.
Voici le texte, écoutez bien :
• Nous anathématisons... Macaire... Etienne... et avec eux Polychrône, CE NOUVEAU SIMON, comme il a été appelé justement, qui, etc.. »
Tiens, tiens, tiens ! ! ! me suis- je écrié, mais c'est
234 LE CHANT DU CYôNB GALLICAN.
bien en réalité Simon le magicien qui est le Simon du Père Gratry, condamné par le Concile de Constantlnople. Seulement, comme vous pouvez voir, celal*là n'a ni dit ni prAché le monothéiisme, et n'est placé en ce lieu qu'à litre de pure comparaison.
Ainsi donc ce n'est point Simon qui fut condamné; mais simplement le vieux Père Polychrôae , ce nouveau Simon, qui prétendait, comme Tancien, opérer des miracles. Celte confusion est récréative, mais porte avec soi le petit enseignement que voici :
N'ayant pas sous les yeux votre fameux Bréviaire de 1520, j 3 ne puis vérifier si c'est lui qui se trompe ou si c'est vous qui nous avez fabriqué cet bérétîqae en sus. Mais quel que soit le père de cette jolie naïveté historique, je vous dirai, si c'est vous, qu'un auteur qui prend une similitude pour un homme, n'est pas un auteur suffisamment sérieux. Et si c'est votre Bréviaire de 1520 qui a commis cette bévue, quelle confiance un exemplaire, où se trouvent semblables inexactitudes, peut-il jamais mériter près des gens sensés ?
Que ce soit donc vous ou votre volume qui soient auteur de cette sottise , cela démontre avec évidence qu 11 faut qu'un écrivain soit bien peu versé dans l'histoire pour inventer ou répéter un si robuste anachronisme, ou singulièrement candide pour l'avaler de confiance sans s'en apercevoir.
Choisissez, mon cher Père, entre ces hypothèses celle des deux qui aura la chance de vous convenir et • de vous plaire ; il ne faut pas, là-dessus, vous gèa^r.
Vous voyez bien, mon Père, que j'avais quelque