‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 159 sur 180 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Où Von volt ce que nul Pape ne peut faire, et ensuite une petite collection de broutilles, avec la démonstration pratique ûê ce dicton populaire que : C'est le ton q«i fa»t la chaasoa.

Vous avez, en effet, « sous les yeux, • bien d'autre» clM>ses. C*est fort heureux ! Et» en premier lieu, le» l^endes de saint Mareel et de saint MarceUin. -^ < A la fête de saint Marcellln on a introduit la foUé^

> odieuse et ridicule du prétendu Concile de Sinuesse^ » Le pape saint Marceliin vient s*accuser dans ce » Concile d'avoir encensé les idoles, et le Bréviaira )» (de 1542) ajoute simplement : cœterim% a nemine it damnatus est . Mais, un demi'Siècle plus tard, la

• fable deSinuesse est développée en ces termes : Per-

> sonne pourtant n*osa le condamner, mais tous s'é- » crièrent d*uae seule voix : Jugez -vous vous-même,

• par votre propre bouche, mais non par notre juge-

• ment; le premier Siège ne peut être jugi par per- >jK>iine. i Et vous ajoutez sur un ton triomphal: € Ainsi le fameux axiome rebattu prima Sedes ane-^ 1 mime judicatur, est tiré de cette légende absurde. »

Il faut être sous Fempire de préoccupations \m& singulières et bien puissantes, pour voir en tout ceci

un mensonge ou un parti pris â*erreur calculée. Quelle manière bizarre ce serait de servir la Papauté, 'per fas et nefas^ que d'enregistrer avec complaisance, et contrairement à la vérité, la chute d'un Pape qui se fut rendu coupable jusqu'à encenser les idoles!

— Vous m'avouerez que si on vous accusait d'avoir été au bagne, ce serait une singulière façon de vous faire la cour.

Je sais très-bien que plusieurs auteurs pensent que le Concile de Sinuesse n'a jamais eu lieu» et que la faute du pape Marcellin doit être entièrement rejetée de l'histoire. C'est possible, et je n'y tiens pas. Vous pouvez parfaitement partager cette opinion, et je ne vois rien à reprendre en cela. Mais, de gcâce, pourquoi ajouter tout le reste ? On a cru au Concile de Sinuesse et au fait relatif à saint Marcellin. On s'est peut-être trompé, je le veux bien. Mais, de quel droit concluez- vous à une fraude ? — Baronius, qui avait d'abord douté de cette histoire (V. les Annales, édition de Rome), changea plus tard d'opinion (V. les Annales, édition d'Anvers), et se montra favorable à la version adoptée dans le Bréviaire. D'autres ont pu penser comme lui; et dans tous les cas, il est absurde,

— on no saurait trop le répéter, — d'accuser Vécolf romaine d'avoir introduit frauduleusement dai\s le Bréviaire, pour faire plaisir au Pape, un fait qui ne saurait que lui être désagréable. — Une prétention non moins biscornue, c'est de vouloir faire dépendre delà légende plus ou moins authentique de Sinuesse, <5ette grande vérité que le Saint-Siège n'est jugé par personne. Un philosophe CAmme vous, mon Père,

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