‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 160 sur 180 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

pourrait-il méconnaître que la simple raison proclame elle-même cet axiome, lorsqu'elle enseigne que rinférieur ne peut exercer de juridiction sur son supérieur? Croiriez-vous, par hasard, qu'il appartient au fils de citer le père à la barre de son tribunal, ou aux élèves de commander au maître? — El un homme qui n'est pas étranger à la théologie, ignorerait-il que les théologiens n'ont pas besoin de recourir à l'autorité du Concile, vrai ou prétendu, de Sinuesse, pour établir cet important principe ?

Je sais bien que des théologiens ont soulevé la question de savoir ce qui adviendrait si, comme personne privée, un Pape tombait dans l'hérésie , et que les mêmes auteurs admettent que, dans ce cas, le fait de l'hérésie entraînant avec soi la déchéance de plein droit, on pourrait contre lui prononcer une sentence ; mais comme cette hypothèse est du domaine de la métaphysique, je préfère l'y laisser en paix, et m'en tenir à la réponse que fit un autre théologien à quelqu'un qui lui demandait si, l'océan étant changé en vin, un prêtre pourrait le consacrer : quand le cas sera devenu pratique je vous répondrai, lui dit-on ; et nous aussi, quand un Pape sera hérétique, nous verrons ce que nous aurons à faire.

Le Pape lui-même, qui peut beaucoup de choses dans l'Eglise, ne peut cependant pas détruire l'édifice bâti parla main de Jésus-Christ : il peut s'humilier devant qui bon lui semble ; mais il ne peut pas plus donner pouvoir de juridiction sur sa personne sacrée, qu'il ne peut transmettre à un autre les privilèges personnels

de son âoet(»rat hifkillibte et ée son sapréme pas*

Quoi qa*il en soit doDC de Sfnaesse, Je vous de^ mande la permission de revenir un peu sar le VlIIr Concile oecuménique» dont vous avez» je pense, la les actes, et où vous trouverez ra[)portées ces par rôles d* Ad rien II: € Nous lisons bien • dit le Pape, cque le Pontife de. Rome a été juge des Pontifes de toutes les Bjçiises, mais quHlaitété jugé par personne^ nous- ne le liions nulle part ^ i^

Je vous enga^^e encore à lire, et à méiliter» ce passage du 21® canon (même Concile) : « Q te si, dans uft Concile universel» il s*élève un doute ou une question touciiant la sainte Eglise romaine, il faudra (suivant le grec, on pourra) en demander les éclaircissements avec beaucoup de respect, en recevoir la solution, en profiter ou y aider soi-même, mais ne jamais avoir V audace de prononcer une sentence contre les souverains Pontifes de V ancienne Rome *.

Si vous désirez d'autres textes, professant la même

U Romanum Pontificem de omaium eccldsiarum PontifloibQs judi casse ieg mus, de eo vero quemquam judicââ&e non legimus. (t. iO. Couc. Yen. édit. Colet. col. 597).

2. Porro si Sjnodus universalis fuerit congregata, et fîicta fuôrit etiatn de tsanotli Romanpram Jb.ccle.'Sta qusevis ambiguitas et coniroversia : oportet et veneittbiiiter et eumcoav»* nieuti reveretitià de poposita qusestione sciscitari, et sokiti*uem accipoe, aut proficere, aut profectum farere^ noa tamaa audacter >eutentiam dicere coutra sumnios t»euioris Romse Poûtifioes (Mgr P. Guérin. Les Conciles généraux et particuliers, t. 2, p* 170) •

Page 1