A MA MÈRE
Du sein du Christ oà tu reposes, daigne agréer ces lignes^ ô ma très-douce mère^ comme un hommage filial de ma reconnaissance et de mon amour.
Sois bénie de m'avoir, dès mes plus jeunes ans, inspiré le respect des choses saintes ; et de m'avoir nourri de la foi chrétienne, plus précieuse encore que ton lait maternel;
De m'avoir inculqué la divine horreur du mensonge; et appris à fuir la société impure des sophistes, et l'école blasphématrice des faux docteurs;
D'avoir versé dans ma jeune intelligence les flots limpides de cette lumière, que nul orage ne peut éteindre, et que nul brouillard ne saurait obscurcir;
De m'avoir fait comprendre, par tes précieuses paroles, que tous les doutes de la philosophie ne valent pas une ligne de l'Évangile de Jésus-Christ, .
Et que la poussière des négations rationalistes disparaissait comme un rêve au souffle d'un seul dogme de l'Église catholique, accepté par une âme raisonnable et un esprit soumis.
Voilà de quoi je te bénis, ma mère.
Demande à Dieu, pour moi, le dernier des soldats de la milice sainte , que je marche au combat sans jamais déserter mon drapeau;
Et, comprenant que la victoire appartient à la discipline, et non pas à l'audace, que je ne tombe pas victitae de ma présomption folle, combattant hors des rangs, sans mes chefs.
Toi, dont la dernière parole fut une parole de sacrifice et de prière, oflFrant au Dieu que tu aimais rhommage de ta vie, et l'implorant de Fagréer pour l'âme de ton enfant :
Et pour la paix, l'union, la gloire de son Église :
Tu béniras ces pages, écrites avec ton souvenir ; sans fiel et sans colère, mais avec l'unique désir d'écarter des lèvres de mes frères dans la foi un calice empoisonné et infect ;
De laver, avec respect, la tache de boue jetée sur le manteau du Christ, par des mains sacrilèges, et de consoler son âme divine, attristée d'un nouveau baiser de Judas;
De répandre sur les pieds immaculés de la Vierge Marie le parfum de mes humbles hommages, pour désinfecter l'air, que des paroles immondes, murmurées autour de son escabeau, ont tenté de souiller;
Et tu obtiendras de la miséricorde immense de celui qui te possède et que tu contemples dans la joie du re-
d'cn nommé Jésus. 265
pos^ et la paix de Textase éternelle^ qu'il daigne les regarder aussi, et les bénir,
Ces pauvres feuilles, que je dépose sur ta tombe, ô ma mère ; ta tombe, creusée dans une terre sacrée , et baignée du sang adorable de Jésus-Christ.
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