‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 47 sur 180 · II DÉDICACE · texte numérisé non relu

II DÉDICACE

prôme pontificat ne lui laisseraient certainement pas le temps de lire un petit livre qui ne lui apprendrait rien : je vous l'offre à vous, très-saint Père ; à vous le premier anneau de la chaîne jamais interrompue des Pasteurs, qui unit l'Eglise militante sur la terre, à l'Eglise qui triomphe dans les cieux.

Quoique je n'appartienne ni au poulailler de Caïphe, ni surtout à la basse-cour de Pilât e, peutêtre vous rappellerai-je, par mon écrit et mon nom, cette faute que vous avez tant pleurée sur la terre de l'exil; faute que Dieu permit, afin d'enseigner par votre exemple, Thumilité aux héritiers de votre chaire, en leur apprenant qu'ils n'ont pas plus que vous reçu, sur cette terre, le privilège de l'impeccabilité. Peut-être de même, le Pontife dont j'ai tenté de réhabiliter la mémoire a-t-il, aussi lui dans sa conduite personnelle, commis quelque méfait ; peut-être eût-il pu administrer d'une manière plus énergique et plus prudente ; c'est le secret de l'histoire et de Dieu. Si, comme vous, votre successeur Honorius n'a pas toujours montré une vigilance suffisante et une suffisante fermeté, je vous avoue que je l'ignore : si, j'ai écrit le con-

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traire, c'est queu dans ma consci^ice, je le croyais et le crois Picore innocent.

Mais qu'il ail été, de la i^rte, innocent ou coupable, ce que je sais, c'est que pas plus que vom, jamais, comme Pape, il n'enseigna Ai ne put enseigner l'erreur.

C'est vous, très^aint Père, auquel a été confiée la charge de paître tout le troupeau du Seigneur ; vous qui taiez les clefe du ciel ; vous qui devez confirmer vos frères dans la foi ; vous qui êtes, avec Jésus-Christ, la pierre fondamentale sur laquelle est bâti l'édifice indestructible de l'Eglise ; vous, enfin, pour qui a prié le Seigneur Jésus, afin que votre foi ne défaille jamafe : et toutes les grande prérogatives qui vous furent confiées par le Maître, vous furent accordées, non pour votre personne sainte , mais pour répondre aux besoins de la sainte Eglise , et doivent, pour cela, tant que subsistera cette même Eglise, demeurer unies à la change de Bome, dans la personne de vos successeurs*

Vous êtes ce pasteur suprême dont la houlette ne peut conduire les brebis et les agneaux dans aucun funeste pâturage; et le docteur universel

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dont la voix ne peut jamais enseigner autre chose que le vrai. Et c'est pour cela que moi, la plus petite et la dernière brebis du bercail du divin Maître, je vous dédie cet humble livre, si indigne de vous, mais destiné, du moins, à défendre ces deux grandes prérogatives de votre papauté ; dont vous avez été, pour nous, le premier dépositaire, et dont, poumons encore, vous continuez aujourd'hui de l'être, dans la personne vénérée de Pie IX. : Vous ne pouvez ignorer, très-saint Père, qu'en ce moment l'Eglise entère est assemblée dans ce saint temple où reposent vos reliques sacrées ; et que, sans doute, elle va bientôt définir, par un mot qui la complète et la sanctionne, une croyance déjà universelle, et à laquelle il ne manque plus que de pouvoir se produire avec le titre et la gloire de l'infaillibilité !

Car en proclamant votre infaillibilité, ô trèssaint Père,, nous proclamons, en même temps, la nôtre. Nous ne croyons infailliblement la vérité qu'à la condition que la vérité nous soit infailliblement enseignée. Nous n'avons, nous, l'infaiUibilité du disciple, que si vous avez, vous, l'infaillibilité du docteur.

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