CHAPITRE NEUVIÈME
main devait suivre naturellement celui du patriarche de Constantinople, auquel il avait répondu; et comme d'un autre côté, on ne songe à Pyrrhus qu'après Sergius, dont il est le successeur, on conçoit aisément qu'Honorius soit placé entre Sergius et Pyrrhus; encore comme dans un hôpital où les malades qui arrivent sont casés k la file selon Tordre de leur arrivée. » C'est ainsi que mon médecin s'exprime et je vous transmets sa réponse mot pour mot.
Du reste, on n'a pas toujours suivi cet ordre à Constantinople, et, parfois, le nom d'Honorius aoccupé une place séparée et distincte, dont je' pourrais, moi aussi, tirer une conclusion contre vous ; mais, cet argument me semblant puéril dans votre bouche, je ne vois pas pourquoi je m'amuserais à vous le rétorquer.
A propos de paroles empruntées je ne sais à qui. Vous poussez des plaintes très-attendrissantes, quoique hypothétiques, sur le sort d'Honorius, qui se verrait enveloppé dans les anathèmes contre les hérétiques, sans l'être formellement : • Un innocent peut être, ditesvous, ainsi d'abord enveloppé, ensuite assimilé^ et puis exécuté/ » — Tout cela donne le frisson, je l'avoue; 'Seulement, je vous prie, mon Révérend, de remarquer qu'un fautes d'hérésie^ s'il n'est pas un hérétique, n'est pas précisément un innocent; et je vous engage à supprimer tout ce passage, qui peut bien être un coup d'épée à l'adresse d'un inconnu, contre lequel vous faites des armes; mais qui, en définitive, ne touche pas à la question elle-même. Tous les fiévreux
n'ont pas la fièvre pernicieuse; maïs tous les malades atteints de la fièvre sont fiévreux.
En résumé, mon Révérend Père, permettez- moi, à la fin de ce petit chapitre, de vous adresser une humble question.
Je pense vous avoir déjà démontré plusieurs choses ; d'abord, que les lettres du pape Honorius ne œntenaient absolument aucune hérésie; et ceci est Tavis de tous les hommes compétents : que le mot hérétique, à Tépoque où le Vie Concile l'i^ plique au pape Honorius, après sa mort, signifiait non-seulement ce qu'il signifie aujourd'hui, mm encore le genre de faute de iceux qui, par leur né* gligence à combattre Thérésie, méritaient le nom de fauteurs négcUifê : et enfin, que cette faute, si elld eut lieu, est précisément celle qui fut reprochée à ce Pape par saint Léon, son successeur : sî tant est qu'il la lui ait reprochée.
Nous avons vu tout cela, mon Père, et nous l'avons établi soit à Taide des textes que vous-même alléguer, soit à Taide des auteurs dont vous vous êtes servi.
Laissez-moi donc vous demander comment, ayant entre les mains des documents où se trouvaient toutes ces choses, comment vous avez pu vous y prendre^ pour ne les y pas voir, et, si vous les avez vues, comment vous avez osé les passer sous silence.
Si tels sont les procédés à l'usage de votre école, je préfère l'autre, mon Père, et la préfère de beaucoup.