CHAPITRE X
Où Ton constate la puissance de| contre-sens et leur faiblesse; et où l'on engage charitablement le P. Ch*atry, quand il voudra désormais traduire quelque chose, h traduire le grec sur le grec, le latin sur le latin; mais jamais ni l'un ni Tautre sur Tallemànd.
Nous voici arrivés au fameux chapitre des textes tirés du VI® Concile, textes qui servent de base à votre argumentation. Et c'est avec grande raison, mon Révérend Père, parce que, d'abord, ce sont ceux qui ont été le point de départ à toutes les accusations contre la mémoire d'Honorius, et ensuite parce que ce sont les plus spécieux sans contredit ; une fois ce point vidé il n'y a plus grand chose à dire.
Vous l'avez si bien senti, mon très-Révérend, que le désir de bâtir Tédifice de votre système sur ces documents si respectables, vous a engagé à donner à leur traduction, — comment dirai-je — un petit coup de pouce, pour faire dire au Çtoncile un peu plus et un peu autrement qu*il ne dit.
Si nous vous adressons cette observation, ce n'est pas que les textes, même tels qu'il vous plaît de les traduire, nous gênent beaucoup, puisque nous savons, maintenant, à quoi nous en tenir sur la valeur de la
parole hérétique; mais c'est d'abord, par amour pour la vérité ; et, ensuite, pour vous faire bénéficier d'un aphorisme que vous rappelez un peu trop souvent aux autres, savoir que la passion aveugle, et que, quand on veut trop arriver à un but déterminé d*avanc«,on s'expose au danger de commettre des interpolations, des omissions, et des mauvaises traductions.
Pour vous faire mieux apprécier le péril que vous avez couru, nous prenons la liberté de placer la traduction que vous donner, mon Père,, en regard de la traduction plus exacte des textes allégués, lesquels nous citerons quelquefois même dans la langue originale, pour récréer les savants.
Attention sur toute la ligne!
Vous nous donnez dans deux textes séparés, mon cher Père, la condamnation motivée du pape Honoriùs, par le VP Concile. Je vais les copier bien exacment, et placer en regard la traduction vraie de cette partie des actes du Concile, pour l'édification du lecteur.
Tradaetion Grairy.
« Nous nous sommes fait lire LA LETTRE d'Honorius à Sergius, et nous l'avons trouvée absolument contraire auœ dogmes apostoliques, aua: définitions des conciles, à Ifi doctrine des Pères faisant autorité ; mais, au contraire, conforme aux fausses doctrines des hérétiques. Nous LES rejetons sous tous les rapports, et nous LES exécrons comme funestes aux âmes. >»
Et deux pages plus haut :
« Le Vl« Concile dit :
TradaelioB vraie.
« Après avoir lu les lettres dogmatiques de Sergius, patriarche de Constantinople, à Cyrus, évêque de Phase, et à Honorius, qui fut Pape de Tantique Rome, de même que la lettre d*Honorius au même Sergius ; et les trouvant en opposition avec les dogmes apostoliques, avec les 'définitions des saints Conciles et de tous les saints Pères autorisés, et en accord avec les fausses doctrines des hérétiques, nous les rejetons entièrement et nous les