CITATIONS FAUSSES
Comme vous avez, de votre aveu, puisé vos matériaux dans les saintes Écritures, j'ai tout uniment confronté vos affirmations avec celles du texte sacré ; et j'ai constaté ce qui suit :
« Et il (Jcsus) leur était Trad. Renan : a La légensoumis(l))) — à ses parents. Je s'épiait « le. montrer, dès
son enfance, en révolte contrel'autorilé palernelle (2). »
u Ne nous induis point en ïr. R. : «.Epargnez-nous tentation (3). » les épreuves (4). »
« Jésus ne baptisait pas; Tr. R.: a Le baptême avait mais ses disciples seuls bap- été mis par Jean en trèstisaient (o). » grande faveur ; il (Jésus) se
crut dune oljtiyé à faire
comme lui; il baptisa, et ses disciples haptis-crinl aussi. »
Note R. : « La parenthèse du verset 2 paraît comme une
glose ajoutée, ou peut-êlre un scrupule tardif de Jean se
corrigeant lui-même (0). »
« Retire-toi, Satan (dit Tr. R. : « Jét^us, parfois^ Jésus à saint Pierre;, tu me se laissait aller à sourire de scandalises (7). » ses façons décidées {8} )i de
saint l'ierre.
« Je te donnerai les clefs Tr. R, : « Un moincnt du royaume des cicnx (U). » même, il semble lui promettre les clefs du royaume du ciel (10). »
(1) Luc, n, 31. — {i) P. 42. — (3) Matlli. vi, 9. — (4) P. S8. — (5) Jean, iv, 1, 2. — (6) P. 107. — (7) Malth. xvi, 23. — (fs) P. loG. — (9) Matth. XVI, 19. — (10) P. 138.
l.a « primauté » de Pierre, et rintention que Jésus avait de « faire de lui la pierre angulaire de rédilicc (I) » sont très-bien constatt'CS jiar M. lienan. Mais savez-vous lequel des évangélistcs il eitc à raiq)ui?.... il cite saint Jean!!! puis il conclut, carrément, et sans le moindre pcut-èlie (chose rare! \ comme suit : « Un voit Jean... clicrclier, systématiquement, à se placer près de Simon Pierre, parfois à se mettre avant lui (2). » Et tout ce vacarme parce que saint Jean, se rendant au tombeau de Jésus avec saint Pierre, raconte que, marchant plus vite, comme il était plus jeune, il arriva, mais ne voulut pas entrer le premier, par respect (3;. Ah! charmant Piabbi! que vous êtes lin.
« Notre Père qui êtes aux Tr. R. : « C/iarpip. jour... cicux... donnez-nous au- la troupe licurcuw.,. dananjourd'lmi notre pain super- dait à Dieu le pain du lensubstantiel (4\ » u Père... deuîain ((\. » donnez-nous aujourd'hui not re pain de chaque jo ur ^ o) . »
C'est si joli, que ce devrait être dans une noie : « Donnez-nous aujourd'hui notre pain du lendemain! » (Jnellc douce simplicité! ça rappelle l'enseigne du perrnquici' : Aujourd'liui on rase pour de l'argent, demain pour rien. C'est à encadrer dans un cadre d'or pur.
Tiens! mais, au l'ait, il y a une note : Irisons -la vite. — Ah! c'est du grec. — I! faudra encore aller tracasser le vicomte de Kcrsolon; mais, cette l'ois, je ne lui dirai pas pourquoi.
« Monsieur le vicomte, que veut dire le mot Itt'.ojc.c.;? (épiousios). w
— Cela veut dire d'une substance supérieure, sursubstantiel. supcrsubstantiel. Pourquoi donc? )•>
Jean Loysoau, se grattant l'oreille : « C'est qu'il y en a qui disent (pic ça veut dire du lendemain. »
— Janutis personne n'a prétendu cela, à moins d'être un dind... »
Je me suis sauvé si vite que je n'ai pas entendu réi)illiète; mais voyez à quelles avanies vous m'exposez! Je
(1) P. i;iS. — (-2) P. 159. — (:Vt Jean, xx, 3, s. — ('.) Mattli. vi, 11.— (5) Liu-,xi,3.— (ti}P. 171.
vous (loniandc un peu ce que cela vous faisait (|uc saint .Mattliiou demandât au bon Dieu son pain rpiotidien. Ali ! si c'est comme cela que vous citez le Tiiké Ai)oth.et que vous traduisez le Sota!.,.
« Auanie, pourquoi Satan Tr. R. : u Le péché d'avaa-t-il induit ton conir à ricc contre lequd la morale mentir au S:iinl-l£sprit... V chrétienne a été si sécèri: ta }>roi)rictë n'etait-ellc pas était le i^imple attachernenl à à toi? netais-iu pas libre de la propriété. — La cjmmune pas la vendre?... (1). » nauié des biens fut quelque
temps de règle clans la société nouvelle (2). »
u La multitude des Prophétie licnan : « on croyants n"avait qu'un cœur entrevoit sans peine, en effet, et qu'une âme, aucun d'eux que ce goût exagéré de paune disait ([ue ce qu'il possé- vreté ne pouvait être bien ùait fût à,lui; mais tout était durable {'i], » commun entre cux'(3j. »
C'est pour cela, je pense, qu'il n'y a plus dans le monde ni franciscains, ni dominicains, ni carmes, ni chartreux , ni trappistes.
«La loi et les prophètes Tr. R. : « Jean a abrogé ont dure jusqu'à saint la loi et les prophètes [G. » Jean {li). )i
«Le royaume des cicux Tr. R. : « Le royaume du souffre violence, et les vio- ciel l'abrogera (Jean), à son lents le ravissent (7). >) tour (S^ » Quel tour... de
force : '
« Tu es véritablement Tr. R. Ils (les Galiléens)
l'un d'entre eux, puisque confondaient les diverses
ton langage le démon- aspirations, ce qui amenait
trc '9). » des qr.iproquns dont on
riait beaucoup (10). » Vovcz Malth. XXVI, 73.
« 11 est plus facile que le Tr. R. ; « Quand on le ciel et la terre dispa- poussait à bout, il levait
(1) Ad. v, 3, s. — (2) P. 17-2-173. — (3) Act. iv, 32. — f.) P. 182. — (o) Lno, XVI, 10. — (fi) P. 199. — (7) Matlh. xi, 12. — (8) P. 199. — (9; Miitth. XXVI, 73. — (10) P. 208.
raissent, que de faire tomber un seul apex de la loi(ij. »
« Depuis Jean, le royaume de Dieu est évangélisé (3). »
« n viendra un temps, disait Jésus, aucjucl l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront (o). »
« Tous ceux qui me disent Seigneur, Seigneur, n'entreront pas dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, c'est celui-là qui entrera dans le royaume des cieux (7). »
« En effet , la bouche parle de la plénitude du cœur (9;. »
tous les voiles , et déclarait que la loi jCnvait plus aucune force (2). »
Tr. R. : « Jésus, le premier, osa dire qu'à partir de lui, ou plutôt à parti'de Jean, la loi n'existait plus (4). »
Tr. R. : « // se souciait peu du jeûne (6). »
Tr. R. : « Il les repoussait » (ceux qui lui disaient, Rabbi, Babbij « et iroclamait que sa religion^ c'est (sic) de bien faire (f^). »
Je ne savais pas que J.-C.
eût jamais repoussé personne.
Tr. R. : « Ils font mentir le proverbe : La bouche ne verse que le trop-plein du cœur [10). »
Je ne vois pas de nécessité, pourtant, à mettre sur le compte de Jésus une sottise qu'il n'a jamais dite.
« Les rois des Gentils do- Tr. R. : « Ce qui le frappe
dans les païens, ce n'est pas leur idolâtrie (12). »
mmcnt sur leurs peuples; et ceux qui ont la puissance sur eux sont a[)pelés bienfaiteurs (i 1). »
« Jésus lui dit : « Va et fais de même (13). m
(1) Luc, XVI, 17. — (2) P. 222. — (3) Luc, xvi, Itî. — (4) P. 222.
— (o) .Matth. IX, 15. — (G) P. 224. — (7) Mattli. vu, 21. — (8) P. 223. — (9) Matth. xn, 34. — (10) P. 226. — (11) Luc, xxn, 25.
— (12) P. 227. — (13) Luc, x, 37.
Tr. R. : « Jc<:us conclut de là (du texte ci-contre) que la
I» UX ^■ÛMME JESUS.
ITv)
vraie fralemilé s'établit enlre les hommes par la charité, non par la fui religieuse ,,1). »
« JcsusTappelam à liante Tr. R. : fOui a encore la voix lui dit : Lazare, sors du bonhomie de nous renvoyei" tombeau (2). » là pour preuve- : a Dan? ses
miracles, on sud un effort pénible, une fatigue comme si quelque cliosc sortait de /ui(3). M
Franchement, l'exemple pouvait être mieux clioisi.
« 11 fut donné à la femme Tr. R. : a L'Apocalypse, deux ailes d'un î^rand aigle écrite l'an 08 fie cette ère.
pour s'envoler dans le dé sert, où elle est nourrie; pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps (4). »
« Tu es bien heureux »
d'avoir fait l'aumône aux pauvres, « cela te sera rendu quand les justes ressusciteront (6). »
En eifet, il fallait dire : On te récompensera de tes bonnes œuvres ii la résurrection des méchants, c'est clair.
fixe le terme de la fin du monde à 3 ans 1/2 (.")). »
Voyez le texte ci-conîrc, cité , comme preuve, par M. Renan.
Tr. R. : « Qw'lquefois , il semble 7ie protveUre la résurrection qu'aux justes (7) »
« Ceux-ci , » les impies, iront dans le supplice éternel, mais les justes iront dans la vie éternelle (S). »
Tr. R. : « Le châtiment des impies consistnit ^selon .lésus) à mourir tout intiers et à rester dans ic néant (9). »
Ce qu'il y a de mieux, c'est que vous proi'.vez cela par le 4*^ livre d'l£sdras, véritable apocryphe, pour le coup, et qui n'en parle même pas. Au reste, fùt-il authentique, il serait antérieur de cinq siècles à N. -S.- J. -Ci Ce n'est pas la peine de mettre à son comi)tc la doctrine de tous les gens passés et futurs; et vous-mC-îne allez bientôt nous dire (p. 279) que « Jébus adiuctlait le
(Il P. 232. — (2) Jean, xi, 43. — (3) P. 251. — ('.) Âpoc. xii, 14.
— (3) p. 276. — (f.) Luc, XIV, 14. — P. 280. — (8) Mattli. xxv, 40.
•180 l.KÏTUES SUR LA VIE
dogme (1c la rcsuri'oction des morts. » Pauvre M. Renan '.
mais réveiiiez-vous donc.
« ^'ous ressusciterons Tr. R. : a C'est aussi
tous (i). » l'opinion de saint Paul, »
« Tu thésaurises pour toi, que les justes seuls ressusci-
la colère au jour de la co- ter ont (2).
1ère, et de la manifestation Kl vous aussi, mon pauvre
du juste jugement de Dieu, saint Paul !
qui rendra à chacun selon
ses œuvres; » auxhons, « la vie éternelle; à ceux qui
n'acquiescent pas à la vérité, la colère et l'indignation...
Quiconque aura péché sous la loi, sera jugé par la loi (3). » H S'il en est ainsi, il vaut Tr. R. : « On ne se ma-
mieux ne pas se marier » riait plus, ce semble, dés
(disaient les disciples). Jésus qu'on entrait dans la
leur dit: « Cette parole n'est secte {■)). »
pas pour tous, mais pour
ceux à qui est fait ce
don (4). »
« Dans la résurrection , « La cessation de la gènà-
o\\ ne se mariera plus... les ration fut souvent considérée
hommes seront dans le ciel comme, le signe et /a condi-
commc les anges (0). » i\on du royaume de Diiu'Ct).-!)
Voyez Maltk. xxii, 30. JNous venons de voir Matthieu.
«Vous valez mieux qu'une Tr. R. : « Vous valez
multitude de passe- beaucoup de passereaux (il). »
reaux (8). » Combien? s'il vous plaît.
Est-ce donc la même cliosc de dire : Tàmc vaut mieux
que le corps ; ou de dire : l'àme vaut le corps?
« Que sert à l'homme de Tr. R. : « Dépassant
gagner le monde entier au toute mesure, il {K'f^na) osait
détriment de son àme?i 10) » dire : a . . . Que sert à un
homme de gagner le monde entier et de se perdre luiméme (1 i). »
(1) I. Cor. XV, 51. — (2) P. 280, r.oto. — (3) Rom. ii, 5, s. — (4) Matth. xiï, 10, s. — (a) P. 307.— (<;) Mattli. xxn, 30. — (7) P. 308. — (8) Matth. X. 24. — (i) P. 311. — (10) Maltli. xv, 20. — (11) P. 213.
ii'u^' :\Oii:.iE JESUS.
11 semble que vous tenez si fort à nous faire croire que J.-C. n'avait pas d'idée de l'àmc humaine, qu'en nous en j'.arlant, il dépassa certainement toute mesure. C'est impoli envers vous; mais c'est lin.
« Jésus leur dit : « Le Fils de l'homme souffrira par eux... Usera livré ausraains des hommes, et ils le mettront à mort, et il ressuscitera le troisième jour fl). »
Tr. R. : « // conçut, de propos délibéré, le dessein de se faire tuer (2). » — [Voyez Mailhicu). rsous venons de voir .Matthieu.
Entre se laisser mettre à mort et se faire tuer, il y a bien, pourtant, quelque petite (litlérence.
Tr. R. : « Ses disciples, par moments , » irais ans
qu'il ne pouvait même man- plus tard, selon Renan, « le
cer » (notez bien que c'était crurent fou (4). »
dans le temps de sa douce
vie en Galilée;,» vinrent pour le saisir, car ils disaient :
« Il est decemi furieux (3). »
« Ses parents » le voyant nvironué de tant de foule.
Tr. R. : « Jésus ne voulait que la religion du cœur»
et non (c celle des pharisiens (6). ))
(( Il ne prétend nullement revenir à Mo'ise (7). »
Tr. R. : « Jean, dont le récit a, pour cette partie, une autorité prépondérante, suppose formcllf^mcnt que Jésus mourut le jour même où l'on m an <j eait l'agneau (!ti. »
Tr. R. : « Jésus n'ayant que des soupçons, ne voulut prononcer aucun nom (il). »
(1) Matth. xvn, 12, 21, 22. — (2) P. 3ir,.— (3) Marc, ni, 21.— (4) P. 318. — (o) Matth. xxm, 2. — (6) P. 329. — (7) P. 332. — (8) .fean, XIX, 34. — (9) P. 383. — (10) Matth. xxvi, 21, s. — (11) P.
« Ils sont assis sur la chaire de Moïse, faites ce qu'ils vous disent, et non pas ce qu'ils font (."j).»
a Les Juifs, parce que cetait la veille de la Puque, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix...
prièrent Pilatc, etc. (8) »
« En vérité, je vous le dis, un de vous me trahira (10).»
Tr. R. : (< Un moment , Jésus songea à quelques précautions, et parla d'épées (2). »
« Désormais, » c'est-à-dire après ma mort, « que celui qui n"a pas de glaive vende sa tunique et en achète un (i). »
Prophétie manifeste des persécutions qui attendaient l'Eglise, après la mort du Sauveur.
« En vérité, je te dis que, Tr. R. : « Jésus, avec ■^a dans cette nuit , avant le finesse ordinaire, lui expri-
chant du coq, tu me renieras trois fols (8), dit Jésus à saint Pierre. »
« Joseph... homme bon et juste, n'avait pas été de l'avis du conseil (3). »
« Alors le \»rince des prêtres déchira ses vêtements, en disant : « Ha blasphémé...
» vous avez entendu le blasy> phèmc : que vous en sem- » ble? )) Et ils répondirent disant : « 11 mérite la mort (7). »
« Les soldats du procurateur, emmenant Jésus dans le prétoire.... le dépouillèrent... lesoufflctèrcnt(9)...»
Les autres Evangélistes sont également formels , et disent le prétoire, ou \'atrium du prétoire.
ma quelques dontes (4). »
llfaut,i)Ositivemcnt, être enragé !
Tr. R. : « Les membres du conseil qui penchaient secrètement vers Jésus , étaient absents, ou ne votèrent pas (fi;, » ou votèrent contre.
Tr. R. : « L'arrêt fut prononcé avec un insouciant dédain (8). »
Tr. R. : « On l'amena ainsi affublé sur la tribune, en présence du peuple. Les soldais défilaient devant lui, le souffletaient (10)... w
Je ne dis pas qu'ils n'en fussent pas capables; mais, enfin, cela est faux. Après tout, vous désirez peut-être cultiver l'habitude de commettre des erreurs volontaires.
(1) Luc, xxu, 3G. — (-2) P. 389. — (3) Mattli. xxvi, 34. — (4) P. 390. — (a) Luc, xxni, 50, 51. — (6) P. 397. — (7) Matth. xxvi. Ca, ce— (8) P. 397. — (9)Muttli.xxvn, 27. — (10)P. 417.
d'uX XÛMjIÉ JÉSUS. i8o
« Judas s'en alla et se pen- Tr. 11. : « Selori un;' tradit (1). » dition Judas se tua [2], n
Bon ! c'est à peu près.
« Judas s'étant pendu , Tr. R. : « Selon une auson corps se rompit ; et ses tre tradition, il fit dans son entrailles tombèrent par champ wnc chale , far suite terre (3). » de laquelle ses entrailles se.
répandirent à terre. « Voir Actes 1, IS (i). [C'est justement le texte précilé.)Quc\\e chute étrange !
« Selon d'autres, il mourut d'une sorle'd'hydropisic. » Voir Papias (.i). — Merci, j'en ai assez.