ALLÉGATIONS MENSONGÈRES
Dans les citations qui précèdent, nous avons vu
comme vous saviez traduire les textes qui avaient le
malheur de vous gêner ou de vous déplaire : nous i)as-
sons, maintenant, à l'examen de quelques assertions
purement gratuites, et dénuées de toutes preuves ,
qui se trouvent en contradiction flagrante avec les
aflirmations positives des écrivains sacrés. Quand
on prétend puiser aux sources, il ne faudrait pourtant
pas, sans en donner au moins une raison plausible,
les contredire à tort cl à travers. Que le lecteur en
juge.
« Prenez gardo de penser Affirmation Renan : « De
que je sois venu détruire la la pleine aulorilé de son
loi ou les prophètes : Je ne génie et de sa r/randc âme
suis pas venu les détruire (Jésus) allait abroger » la
mais les accomplir ; car, en loi.
(1). Maltli. xxvii, 5.- (-2) P. 43S.— '3)Luc, i, 18. — ('0 P. ;38, - (3) Id.
vérité, je voiis le dis, jusqu"à ce que passent ie ciel et la terre, un iota, ou an apex ne sera sup'primé de la loi.
Celui donc qui s'exemptera d'un de ces plus petits commandements, et donnera semblable enseignement aux hommes, sera appelé le i)lus petit dans le royaume des cieux ; et celui qui les accomplira et les enseignera, celuilà sera appelé grand dans le royaume des cieux (1). »
« La lui ne paraît pa.s avoir eu pour lui beaucoup de cJiarmes; il crut pouvoir mieux faire (2). » (En français on dirait faire mieux,)
«Mon fils, «disait laviergc Ben.
Marie à son fils, « que nous semble as-tu fait ainsi? voiià que (4}. »
ton père et moi nous le cherchions remplis de douleur [3]. ))
« Honore ton père et ta mère, « disait Jésus; « celui qui maudira son père et sa mère mouvra de mort (5). »
« Le corps^ qui est corruptible, appesantit ràmc. — L'oubli de Dieu est la souillure des âmes. — Par elle (la sagesse; j'aurai l'immortalité.—Dieu a créé l'homme immortel (7). »
« Je serai de nouveau revêtu de ma peau, et je verrai Dieu dans ma cliair... Cette espérance repose dans mon sein (!);.
■pas
Sa famille ne l'avoir aimé
Ren. : « Jésus, comme tous les hommes exclusivement précccupés d'une idée, arrivait à tenir peu de compte des liens du sang (G).
Ren. : « La. Judée était étrangère à la théorie... que la Grèce a répandue soiis le nom d'immortalité de l'âme
Ren. : y) Israël n avait pas la doctrine, dite spiritualiste, qui coupa l'homme en deux paris, le corps et l'âme, cl trouve tout naturel que
(1) Mattb. V, 17, 18. — (2) Luc, xvi, 17 ; x, 2G. — (;î) Liu-, ii, /,S.— (4) P. 42. ~ (o) Matih. XV, 4 ; xix, 10. — .Marc, x, 19. — Luc, xviii, 20. — (r>) p. 42. — (7) Sag-osse, ix, 13; xiv, 2r.; viii, 13 ; n, 23. — (8) P. 4S. — (9) Jol>, XIX, 20.
D U.\ XO:,IME JESUS.
isri
« Mes morts ressusciteront (Ij. »
« Quand Dieu aura reçu mon àmc, ensevelis mou corps (4). — La pourriture et les vers seront son héritage (o). — Votre àmc vivra, et ne mourra point [('>). — Mon àmc vivr.i en Dieu {^7j. »
« Xe vous faites point appeler mai très, parccquc vous n'avez qu'iui seul maître, qui est le Clu-ist (S). »
pendant que le corps poicrrit, l'âme survive i2). »
(Nota bene\ « Les Pharisiens eurent recours au dogme de la résurrection '?>). »
Ou bien qu'ils le conscv- •vèrent.
Rcn. : « Il [Jésus) laisse ce nom de maître à qui veut le prendre, et réserve pour Dieu un titre plus doux ('•1). »
lien. : « Jhus n'énonce pas tin moment l'idée sacrilège qu'il soit Dieu (14). »
« Mon père et moi sommes un fl 0).— Avant qu'Abraham fut, je suis (il). — Mon Seigneur, et mon Dieu (dit saint Thomas)! — Tu l'as cru, Thomas, parce que tu m'as vu; bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui Tont cru (12). — Avant été Dieu par nature, il (Jésus-Christ) n'a point crii que ce fût p.our lui une usuriiation que de s'éffaler à Dieu (13 \ »
« Jésus, prenant le pain, le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples en disant : prenez et mangez, ceci est mon corps (l.'i)... faites ceci en mémoire de moi (10). ,)
« Les lèvres du prêtre garderont la science; et Ion ira
Ren. : u r/is religion sans prêtres et sans pratiques extérieures, élaieid la suite
de ses principes: Jé->us ne recula jamais devant cette hardie conséquence, qui faisait de lui... un récîdutionnaire au premier chef ;,17).»
lîen. : « Seuls dans l'antiquité les prophètes juifs,...
(1) Isaïe, XXV, 19. — :-2) P. 51. —(3) P. 53. — (4) Tobie, iv,3.— (o) Eccl. XIX, 3. — (G) Ezedi. xvni, 21, 28 ; xxxui, 13. — (7) Ps. xxi, 31.f8).Mall!i. xxui, 10. — (9)P. 78.— (10) Jean,x, 30, 31, s.— (U) Jean, VMi, 58. — (12) I.J. XX, 28, 29. — (13) Pliilii.p., n, 5, 6. — (14) P. 75. — (15) .Matth. xxvi, 2G.— (IG) Liic.xxu, 19. — (17) P. 8fi.
demander la loi à ses lèvres
« Honore Dieu et honore les prêtres (2). »
dans leur antipathie contre le sacerdoce avaient entrevu la ^'raie nature du culte que l'homme doit à Dieu (3). »
Ren. .• « L'antipathie d'Isa'ie, en particulier, contre le sacerdoce... (;)). »
« J'enverrai » ceux que j'aurai sauves, vers tous les peuples, « et ils annonccrontmagloire aux nations...
et je choisirai parmi eux des prêtres et des lévites, dit le Seigneur (i), » par la bouche d'Isaïe.
« Tu es prêtre éternel, Ren. : Jamais on n\i été selon l'ordre de Melchise- moins prélre que ne le fut dcch(6,. » « 11 possède le Jésus (S). » sacerdoce éternel (7). «
Cerlaincment vous devez le savoir mieux que S. Paul.
« T>àme n'est-cllc pas plus (}uc la nourriture et le corps plus que le vêtement (0)?»
Ren. : « Jésus n'est pas un spirilualiste ; car tout aboutit pour lui à une réalisation palpable ; il n'a pas la moindre notion (/'njie âme séparée du corps (10).
«Jediraiàmonàme:Amc, « L" Dieu de Jésus n'est tuas beaucoup de biens et pas ce maître fatal qui nous beaucoup d'années pour en tue quand il lui plait (13). » jouir. Repose-toi, mange,
bois, réjouis-toi dans Icsïcstins. Et Dieu lui dit : Insensé, cette nuit même on te redemandera ton âme (11). » « Ne craignez point ceux qui tuent le corps; mais ils ne peuvent tuer lame. Craigne/ plutôt celui qui peut perdre l'àme et lecorps dans fcnfer (12). »
(( En vérité, je vous le dis, Ren. : « Jésus n'attachait
(1) Malucli. u, 7. — (-2) Eocl. vu, 33. — (3) P. 88. — (4) Isaie, Lxvi, 19, ?. — (o) P. 88. — {{)) Hebr. v, 6; vu, 17. — (7) Id. vu, 24. — (8)P. 89. — (9) Matth.vi. 25. - Luc, xu, 2/i. — (10) P. 1-28. (11) Luc, .\u, 19. — (12) .Matlh. x, 28. — (13) P. 77.
1) U.\ 3,'OMME JESUS
mil, s'il ne venait de l"eau et tlu saint I:^spiit, ne peut entrer clans le royaume de Dieu (1,'. »
« Allez et baptisez les nations; celui qui croira et sera baptise sera sauve (3}. »
« ISul ne sait qui est le Fils, si ce n'est le Père; ni qui est le Vivo, si ce n'est le 1-iIs, et celui à qui le Fils l'aura voulu révéler (o). »
« Es- tu le Christ, le Fils du Dieu adorable? Jésus lui repondit : Je le suis (G). »
«Allez et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (7). »
« Les Juifs lui dirent :
Qui est-il, ce Fils de lliomme(9)?
qu'une importance secondaire au bapién^e (2). »
Ren. : « C'rftt. par l'attrait d'une religion dégagée de toute forme extérieure, que le chri>ilianisme a séduit les âmes élevées (4|. »
rsote R. : « C'est seulement dans l'Evangile de Jean, qif Jésus se sert de l'expression de Fils de Dieu, ou de Fils, eu parlant de luimême (S). »
Quand nous disions que chaque note de M. Renan était une perle iine!
Note R. : « Les Juifs ne paraissent pas au courant du sens de ce mot {Fils de l'homme] (10).
0 notes charmantes!
Ren. : « On le choyait.,, le charme de sa parole et de sa personne captivait ces populations (12). »
« Toute la ville sortit audevant de Jésus ; et, l'ayant vu, ils le prièrent de quitter les confins de leur territoire (11). »
Saint Luc ajoute : « Parce qu'ils avaient très - grand peur. » — C'était pourtant sur les bords charmants de son petit lac !
(1) Jean, ui. o. — (2) P. 223. — (3) Mattli. xxviii, 19. — (4) P. 115. — (3) Luc, X, 2-2. — Matlh. xi, 27. — (0) Marc, xiv, fi2. — Luc, xxu, 70. — (7) iMatth. xxvui, 19. — (8) P. 243, note. — (9) Jean, xu, 34. - (10) P. 132, note. — (11) Mallli. vni, 34. — Marc, v, 17. (12) P. 139.
« Jt'sns i)a]-C0Lira:t îoiitcs Voici venir Bar-Pienan : les villes et les bourgs (i). » « So7i action ctnil fort res- Et, en effet, les l]vangélis- treinle ; elle élail ioutc bortes nous le font suivre à .!é- née au bassin du lac de viclio, Silo, Samarie, Si- Ttbériade {qualre lieues)^ et clicai, T\v, etc., etc. nicnie dans ce basstneUe avait
une récjionprtfcice (2). »
Ucn.. : « La première condition, pour être disciple (/.' Jésus, était de réaliser ta fortune, et d'en donner Lprix aux pauvres [o]. »
Si « tu veux entrer dans la vie {éternelle} garde les cornuiandcnicnts (3). »
« Si lu veux être parfait, va, vend ce que tu as et donne aux pauvres (i), »
« Pour moi, je vous baptise dans Tcau et dans la pénitence; mais celui qui viendra api-ès iHoi est plus puissant que moi, je ne suis pas digne de porter sa chaussure. C'est lui qui vous ba[)tiscra dans l'Esprit-Saiiit et le feu : il tient le van à la main : Il nettoiera son aire : il reunira le grain dans son grenier, et brûlera la paille dans un feu inextinguible (0 . » — C'est saint Jean-Baptiste qui parle.
« Vous prierez ainsi: l\cn. : i(. Quant à la prière Notre Père qui êtes dans il t^e règle rien, sinon qu'elle
Pi en. : « On est porté à croire que malgré sa considération pour Jésus, Jean ne l'envisagea pas comme devant réaliier les promesses divines (7), »
les cieux
« Jésus répondit p ari c { ) u bl 1 q a c m e n t
monde... et je n ai ne en secret ,10). »
J'ai au
! dit
se fasse de cœur (9). »
Pen. : « Race de vipères, ajoutait Jésus, en secret, ils r,e parlent que du bien, mais au dedans ils sont mauvais (11). «
îlcn. : « /.' semb!e recommander à ses disciples de ne prêcher le salut qu'aux seuls juifs orthodoxes (Kî). »
(1) Multb. IX, 33. — (2) P. 139. —(;V .Mallli. xi.x, 17. — ('.) Maltli. XIX. 21. — (o) P. 173. — (li) Malth. ni, 11, s. — (7) P. 190. — (8) Mallh. et Luc, v, s. — (9) P. 22.Ï. — (10) Jean, xvm, £0. — (11) P. 220. — (12) .Mallh. I. c. — (13) P. 228.
« Allez, enseignez toutes les nations (12;. »
l'un :\o:nrÉ jésus. iHO
Les preuves sur lesquelles M. Renan s'appuie sont, entre autres, le texte : « Ne placez pas dos perles devant les pourceaux. » Matth. vu, G, ctcciui-ci : « Le royaume de nieu vous sera enlevé et donné à une nation qui le fera frurtificr, » Mattli. xxi, 43 ! ! !
Il vaut mieux citer comme cela que de ne pas citer du tout.
« Jésus étant ne à Bcth- Ren. ; « Sa naissance à lécmdeJuda 1).» Nazarelh était de notoriété
« Jésus vint à Xazaretli, publique ^3). » où il avait été élevé (2). »
« Nous te lajiidons, » di- Rcn. : « Que jamais Jésus saient les juifs à Jésus, n'ait songé à se faire passer « parce qu'étant un îiomaie^ pour une incarnadon de tu le fiis Dieu (4). » Dieu lui-mnne, c'est a dont
on ne saurait douter (i>). »
— C'est, en outre. un curieux français!
'( Qui me voit, voit mon Ren. : « Il se croit plus Père (G). » qn'i n homme ordinaire,
mais séparé de Dieu par une distance infinie ;7,\ »
« Mon Père... tu lui as Ren. : a Jé>,us ne prélcmlit donné » (à ton Fils) « puis- jamais ijour.erncr l:' ii,ondc sance sur toute cliair (8). » (9). »
« Soyez les fds de votre Ren. : « Jésus n'avait pas Père qui est aux cicux : qui la moindre idée d'un ordre fait lever sou soleil sur les naturel réglé par des lois bous et les mauvais, et (11).»
pleuvoir sur les justes et les injustes (10). »
« Va, monlrc-toi au jirO- Ren. : « Une bizarrerie, tre (l"2j. )) en apparence inexplicable,
c'est l'attention qu'il met à ne faire les miracles qu'en cachette, et la reconimandalion
(1) Matlii. H, 1. — (2) Luc, tv, 10 — (?,) P. 239. — (',; Jean, x, 3], s. — (5) P. 2't2. — (G) Jean, .\iv, 9. — (7) P. 243. — (fi) Jean, xvn, -2. — ^9) P. 2oO. — (10) .Matlli. v. r,o. — (\ l) P. 237. — (15) Luc, v, 4.
LETTRES Sun LA VIE
qiCil adresse à ceux quil guérit de 71 en rien dire à personne {[]. »
C'est bien extraordinaire en effet, surtout quand il opérait en cachette devant 4,000 témoins.
« Baptisez au nom du Rcn. : « A peine quelques Père, du Fils et du Saint- vues sur le Père, le Fils,
Esprit (2). ,-
Il ne manque pas d'autres textes, aussi clairs, et aussi formels.
Dieu « rendra à individu selon ses
chaque œuvres
l'Ei^prit, dont on tirera plus lard la Trinité et l'Incarnation ; mais qui restaient encore à l'état d'images indéterminées (3). »
Ren. : « Jésus, nous l'avons déjà dit, n'eut jamais une notion bien arrêtée de ce qui fait /'individualité (5). «
Ren. : « A peine quelques vues sur le l'ère, le Fils, l'Esprit, dont on tirera plus tard la Trinité et l'Incarnation ; mais qui restaient encore à l'état d'images indéterminées {!}. »
Dieu (( rendra à chaque Ren. : « Jésus, nous l'aindividu selon ses œa- vons déjà dit, n'eut jamais vres (8j. » imc notion bien arrêtée de ce
qui fait /'individualité (9). »
En effet, à la page 244 vous nous disiez : « L'idéalisme transcendant de Jésus ne lui permit jamais une notion bien claire de sa propre personnalité. y> Pardon, j'avais oublié.
« Baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit (6). »
11 ne manque pasd'autrds textes, aussi clairs, et aussi formels.
« Jésus, ayant toujours aimé les siens, les aimajusqu'à la (in (ou iniinimcnt)
(lo;. »
Ren. : « A l'heure oii nous sommes arrivés... l'amitié...
n'a vait plus aucun sens pou r /ui (1 1). »
(1) P. 2C4. — (2) Matth. xxvni, 19. — (3) P. 297. — (4) Maltli. svi, 27. — (o) P. 303. — (r.) Matth. xxvni, 19. — (7) P. 297. — (S) Mttlh. XVI, 27. — (9) P. 30j.— (10) Jean, xiii, 1. — (11)P. 310.
r. l'y no:mme jksus.
« Celui que vous aimez est malade (1). » « Mon Porc... que l'amour dont tu m'as aime eux (2), » dit Jesus^ en parlant de ses disciples.
soit en
« Il fallait observer ces préceptes » 'les plus graves de la loi de Moïse), « sans omettre les autres (3). » Les plus Ici^^crs, comme cela résulte du texte.
« Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir ['6). »
« Jésus, voyant qu'ils voulaient le faire roi^ s'enfuit dans la montagne (fi) »
« Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, qu'il vous soit comme un païen ou un publicain (N). »
« Celui qui ne croira pas sera condamné 9) . »
« C'est l'esprit qui vivifie, mais la chair ne sert à rien (11).»
Rcn. : vv Conséquent à ces principes, il dédaignait tout ce qui n'était pas lu religion du cœur. On chercherait vainement dans l'Evangile une pratique religieuse recommandée par Jésus (4 . »
Ren. : « Jésus aimait les honneurs, car les honneurs servaient à son but et élablissoient son titre de Fils de David (7). >>
Ren. u Jésus est le fondateur de la conscience libre (10)... » libre, oui, de se faire condamner.
Ren. : « Jésus était idéaliste, c'est-à-dire ne distinguant pas l'esprit de (sic) la matière (12).
iir.
CONTRADICTIONS TLAGRANTES.
Il paraît qu'il ne suffisait pas à votre bonheur de contredire les saintes Écritures, vous avez encore
(1) Jean, xi, 3. — (-2) Joan, xvii, 20. — (3) Matth. xxui, 23. — (4) P. 22A. — (o) Malth. xx, 28. — Marc, x, 45. — (6) Jean, vi, 13 . — (7) P. 37'.. — (S) Matlli. xvni, 17.— (9) Marc, xvi, 16. —(10) P. 379. — (11) Jean, VI, Ci. — (12) P. /.04.
JU2-C à propos, pour l'acquit de voire conscience, do nous donner une marque certaine du cas que vous faites de vos propres assertions, en affirmant le blanc et le noir, selon l'exigence de la phrase, ou l'opportunité des cas. Outre les divergences que nous avons déjà signalées dans nos précédentes lettres, nous nous promettons de vous indiquer encore celles-ci.
Sur ce texte :
(( Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, » nous avons le bonheur de lïosscdcr deux coinmentaiies.
Commentaire Ilcnan n" I: Commentaire ir- 2, sur ce « Etablir en principe que le même mot : « Mot profond signe pour reconnaître le qui a chcidé Je l'avenir du pouvoir légitime est de re- c/iristianismc ! mol d'un garder la monnaie, procla- spirlluciliiTnc accompli i-t mer que l'homme parfait d'une jitslcssc 7nei veilleuse, paye linnjôt par dédain, et qui a fondé la séparation du sans discuter, c'était dé- spirHucl cl du temporel, et truirc la république à la a posé la base du vrai llbéfaçon ancienne, cl favoriser raUsme et de la vraie civilitoutes les tyrannies. Le salion [2)\ •/> christianisme, en ce sens, a .VIi! tant mieux, beaucoup coutri!)ué à afi'ai-
blir les devoirs du citoyen, et à livrer la morale au pouvoir a!)solu des faits accomplis (1). »
Ah ! tant pis.
Pour les bcsoir.s de la plirase, encore un petit commentaire, s'il vous plait.
Renan : « Les belles pré- Bar-Renan : « La direcdications morales de la se- lion toute morale et nuilecondc période ahoiiîissent à meut politique du caracune pctli'.iqus décidée {^). » tère de Jésus le murait de ces
entratnemenls (4). »
Au choiA des amateurs.
(1; Cil. VII. — -2) Ch. x\-!. — ;3) Ev. selon Rcna-i, p. f:3('. — (4) Ev. selon i'icn;i), p. 20P.
lî'uX XÙA.rjrÉ JÉSUS. 193
Ilcnau : « Jcsus sortit du Dr.r-iîcnan : n La synaijOjiulaïsUic...coniiriCLulIicr... gticéiail riche en maximes... Lamennais... Roi!ssca;i... » Jésus aclof'îa presque tout I\îais loin que Jésus soit le cet enseignement oral... La conliiiuaîcîîr du judaïsme, morale évangéliqiie est pou il rcpi'osciitc ^ir)//jiure avec originale en cLle-ménie... l'esprit juir... La grande avec des maximes flus anoriginalili du fondateur cier.nes, on pourrait la rcrcsîc donc entière; sa gloire omposer presque tout enn'admct aucun partageant tiùre (2). »
Choisisses, car il serait diflicile de tourner une seule et même [ilirase avec cette grande originaliié peu originale (|ui a'/cf/J^e un enscigncuicut avec lequel e/i'e rompt. Dire qu'on peut écrire de pareilles balivernci-, au \iyj siècle, sans aller a Charcnton !
Renan : « Un culte pur, Rar-Reuau : « Ce qui une religion sans prêtres et prouve bien, du rcsle, que sans jiraliqiics extérieures, Jé^us ne s'absorba jamais reposant toute sur les sen- cntiéremcnl dans .'es idées tinicnts du cœur (.1). » apocalyptiques, c'a-t qu'au
Voiià ce (!ue voulait Jésus, moment mém^, où il en était le p'iis préoccupé, il jette avec une rare sûreté de vue les bases d'une Kglise destinée à durer (4).
« Cette idée féconde du pouvoir des homm.cs réunis (ecclesia) siviilic bir-ri une idée de Jésus... Il coupe à l'Eglifc le droit de lier et de délier {c'est-à-dire de rendre certaines c.'iosrs !ici!cs ou ilicites). » — Je suppdie io Icclcur inleiligcnl de ne pas nie mettre celte stupide parenthèse sur le dos; — de remctti'c les péchés, de réprimander, d'avertir avec autorité, etc., etc. (.i). »
En un mot, une religion toute de cœur, sans pratiques extérieures et ^ans prêîixsl!!
«Je ne vous aji'ielie i)lus Rar -Renan : « Le malendes serviteurs, parce que le tendu entre lui et ses disciservileur n'est pas dans la pies devenait à c'naque inscenlidencc de son maître; tant plus profond ('i;.
(l) Ev. selon Ronaa, p. \oô. — (-2) P. 81-f;'*. — iz] \\ 83. — (4) P. 200. — (j) P. 29(5. T,) P. 372.
mais je vous appelle mes amis, parce que je vous ai communique tout ce que j'ai appris de mon Père (1). »
Ceci est déjà une traduction Renan, assez exacte pour nous prouver qu'il peut, quand il veut, traduire à peu près passablement. Voyons son commentaire.
Renan : « Pilate avait eu avec ses administrés des difflcultés qu'il avait tranchées d'une manière trèsbrutale (4). » Il sévit engagé dans des répressions sanglantes qui, plus tard, finirent par amener sa destitution (o). » (Voyez Josèplie.)
Renan : « Les nations ont leur responsabilité comme les inrlividus. Or, si jamais crime fut le crime d'une nation, ce fut la mort de Jésus." (Page ili, ligne 27.)
Renan : « C'était le... roi des .Juifs, non U dogmatisle hétérodixe qu'on punissait (7). 1)
Et ailleurs : « Jésus ne
Quand je vous dis qu'il n'y a de bonne entente qu'entre M. Renan et son précurseur! Jésus dit à ses apôtres qu'il ne leur parlera plus en paraboles (2).
Ils lui affirment, de leur côté, qu'ils le comprennent parfaitement bien (.3).
Tout cela ne fait absolument rien. 11 est décidé ciu'il y aura entre eux et lui un malentendu toujours croissant. Le maître l'a dit !
Bar Renan : « Tous les actes de Pilate, qui nous sont conjm<!, nous le montrent comme un bon administrateur (Cl). »
Ah! ce sont la brutalité et les répressions sanglantes qui caractérisent le bon administrateur? Oui : Voyez Josèphe : Josèphe est "un homme bien })récieux : c'est une selle à tous chevaux.
Bar-Renan : donc « Tout Juif qui souffre encore aujourd'hui pour le meurtre de Jésus a droit de se plaindre.»
(Page 41 1, ligne 0 ) On appelle cet argument un syllogisme.
Bar-Renan : « Les Juifs le dirent avec une franchise simple et vraie : a Nous avons une loi. et selon cette loi il doit mourir. » Ce fut...
(1) Jean, xv, 13. — (-2) Jean, xvi, 23. — (3) M, i.l. 29. — (4) P. 40].— (3) P. 402. — (i;) P. 401. — (7) P. 413.
D U.\ NOMME JESUS
prêchait pas contre la loi. » la loi mosaïque qui condamna Jésus... Celle mort fut légale^ car « Jésus, sans nul doute, attaquait le culle établi et clierchail à le détruire (1). »
Nous avons prouve dix fois la fausseté de cette allégation; nous ne signalons ici que la délicieuse harmonie des deux passages.
Renan : « On est porté à croire que le Golgotha, à l'époque de Jésus, était compris dans l'enceinte des murs (2). »
Il y a une note !I!
Note Renan : « On est porté à croire que l'œuvre, des topograplies dévols du temj)s de Constantin (qui laisserait ledit emplacement traditionnel en dehors de la ville) est quelque chose de sérieux (3). » — Que vos notes soient bénies !
INEPTIES ET ERRELTuS, PEUT-ETRE VOLONTAIRES.
Nous comprenons, dans ce paragraphe, quelques gracieuses naïvetés qui vous sont échappées, et qui n'ayant pu être classées sous les titres précédents, nous semblent pourtant dignes d'exciter l'admiraliou du lecteur. Voici ce que nous trouvons, entre mille autres traits charmants, du môme genre et de la môme force :
« Luc ignorait totalement l'hébreu. Comparez, Luc, 1, 31, à Matthieu,!, 21 (4). »
.le compare, par pure obéissance, et je trouve : Luc, u 31. L'ange dit à .Marie: u Voici que vous concevrez un lils à (pii vous donnerez le nom de Jésus. »
(1) P. Ul. — (-2^ P. 410. — (3) 1(1., note. — ('OIntroduct., p. xl.
lUG Lr.TTRES SUR LA VIE
rûullii. I. 21 : « i/angc :lit à JosC'jli : elle oiilViiilcra un fiis à ([ui vous donnerez le nom de Jésus.
Il n'y a plus de doute, Luc ignorait totalement lliébreu.
« D"oà me vient ceci que la ?>ière de mon Sauveur vienne à moi (1)? »
Voyez rhiL-toirc deCana^ le discours de Siméon, et l'exccllent jI. Bar-Renan, qui, lui-même, cite les passages, dans une note toujours ravissante, et ajoute : « Ces textes impliquent déjà un grand respect pour Marie (2). » Or, à la racuie page, vous lisez :
« C'est seulement après la mort de Jésus que Marie acquiert uv.i^ grande considération (3). »
II faut le voir pour le croire ; mais je l'ai vu.
« Le soir étant venu... « Jcsns se retira au dé- Jés-:s dit à SCS discijdcs :... sert. Beaucoup de monde r-onncv-lear à manger, lis /'// suiiU. Grâce à une ex- !ui répondirent : Nous n'a- trêtiie frugalité, la troupe vons ici que cinq pains et siiinte y vécui; on crut,nadcux pûiï-sons. Il leur dit : turdlcincnl, voir en cela apportez-les-moi icijetayant un miracle, yy Ma foi, je ordonné qu'on fit asseoir la crois que j'eusse fait comme foule sur l'herbe, il prit les les autres (o). cinq pains et les doux jiois-
sons, i! les bénit, et les rompit, en regardant le ciel; il donna les j-ains à ses disciples, les disciples à la foule. Tous mangi'avnt, et furent rassasiés. Et ils recueillirent les rcstcsjdans douze corbeilles, qui furent remplies des fragments. Or. le nombre de ceux qui mangèrent fut de cinq mii'c hommes, sans compter les femmes et les petits enfants (4). »
Jésus, opérant des guéri- IL « Le sahhal èlcil h point
sons le jour du sabbat, ce sjir Icnnel Jésus se plaisait
qui n'était, certes, deûnilu le pilus à défier s:-s adver-
par aucune loi, les phari- saire.i. Il violait ouoerte-
!l] Luc, I, 43. — (-2) P. 13'., noie. — (3) P. 132. — ('.) Maltli. XIV, lo, i. — Luc, i.\, 10. — Maïc, V!,i3.— .Lv;i, vi, 9. — (5) P.
d'un :commé JÉSUS. 107
siens le lui reprochaient liy- ment le salhal, et v,e réponpocritcmcnt, et il leur ro- d ail aux reproches quon lui ponJait : « 11 est permis de en faisait, que par de fines {'aire le bien le jour du sab- railleries (2). » bat(l).))
I! n'y a que les pliarisiens qui aient adressé à Jésus ce mensonge hypocrite. Tâchez donc, M. Uenan, de ne pas raonlrer un aussi long bout d'oreille.
« Voici qu'une vierge con- R. « Un chapitre mal cncevra, et enfantera un fîis, tendu d^Isaieoù, Z'o» croyait et son nom sera : Dieu avec lire que le Messie iniîlrait nous (3). » d'une vierge (i).... i'
Je serais bien aise de savoir comment on aurait pu lire autrement.
« L'acc.usation de se faire Dieu ou l'égal de Dieu, est présentée, même dans l'évangile de Jean, comme une calomnie des Juifs. » V. Jean, cli. v. — Vovons Jean, ch. V (o) :
« En vérité, en vérité, je vous le dis... quoi que ce soit que le Père fasse, le iils le fait de même... de même que le Père ressuscite les moris, et vivifie, de mOnie le l'ils vivilie ceux qu'il lui plait. .. . afin que tous honorent le Fils, ccmn:c ilshonorcnt le Père (C).» Voilà ce que dit Jean.
En réalité, une autre preuve n'eût pas été de trop.
« Jésus lui comnîandc, et le démon sortit de lai. et l'enfant fut guéri à l'heure même (7). »
« Je tc'commande, » dit Jésus, « sors de cet homme, et le démon sortit en poussant des cris (S). »
r)ar Renan indique ces deux textes, sans toutefois les citci", et ajoute : « dans les exorcismcs, le diable le chicane, et ne sort pas du premier coup {'i). »
Comment ! vous ne pouvez même pas parler du diable sans le calomnier?
(1) Mallli. xn, 12. — (2) P. 220. — (3) Is. vu, U. — :Vj P. 251. — (o) P. 2^3. — (G) Jean, v, 18, s. — (7) Mattli. xvi!. 17. — (8) .Marc, IX, 25. — (9) P. 251.
Les MagC5 vout demanflcr à la synagogue où devait naître le Messie : « à Bethléem (1), » leur répond-on.
M. Renan fait observer à ce sujet que : « La synagogue n'avait pas une liste des passages qui se rapportaient au règne futur (2). » Les Mages en savaient plus long que lui.
Après la gucrison du paralytique : « la multitude, voyant cela, fut saisie de crainte (3). »
Après la pèche rairaculeiise. Simon Pierre « était dans la stupeur, et tous ceux qui étaient avec lui (4). »
Ecoutez, maintenant, M. Renan : « La faculté de faire des miracles passait pour une licence régulièrement départie par Dieu aux hommes, et 7i'avait rien qui surprît (o). »
«Lève-toi (dit Jésus au Application Renan: paralytique), prends ton « Qui oserait dire que. . . le gi'abat et va dans ta mai- contact d'une personne exson (6). » quise ne vaut pas les ressources de la pharmacie ?
Le plaisir de la voir guérit. Elle donnece qu'elle peut (7). »
Ce n'est pas moi qui dirai le contraire, bien sûr.
«Les noms des douze Vous n'aviez donc pas vos
apôtres sont ceux - ci : le lunettes , mon Révérend ,
premier est Simon, qui est quand vous lisiez ; autre-
apjiclé Pierre; puis André ment eussiez -vous jamais
son frère, Jacques de Zé- écrit ceci :
bédée et Jean son frère , « Les listes des douze qui
Pl;ilippe et Barthélcmi , nous ont été conservées
Thomas et Matthieu le pu- présentent beaucoup d'in-
blicain, Jacques d'Alphée et certitude et de contradic-
Thaddée, Simon le Ghana- tion (!•). »
nécn , et Judas Iscariote, qui trahit Jésus (S). »
Saint Marc est identique.
(l)Matth. n, 5. — (2) P. 230. — (3) MatHi. ix, 8. — ('.) Luc, v, 9. — (3) P. 237. — (G) Marc, n, 11. — (7) P. 2G0. — (8) Matth. X, 2^ s. — Luc, VI, l'i, s. — Marc, ni, 16, s. —(9) P. 291.
l"i:.\ nommé Jésus. 190
Saint r.iic i\'tablit ic nom de Juda,fi!s de Jacques, à la place dcTliaddee, que les autres évangiles y avaient substitué, pour ne pas le nommer comme llscariote.
Vous nous aj^prcnez que Zacliée se convertit, devint un saint, se contenta de payer le quadruple de ses biens mal acquis, et de faire de grandes aumônes, moyennant quoi, je pense, il dut entrer dans la secte, avec ce qui lui restait. Et vous osez nous dire : « La propriété était interdite (I). »
« Celui qui n'accepte pas Note R. : « Ce trait et ausa croix et ne me suit pas, très semblables ne peuvent n'est pas digne de moi (2). » avoir été cojiçns qu'après la
mort de Jésus (3). »
Cela vous vexe donc bien, que N.-S. ait prophétise sa mort ?
A propos de la malédiction du figuier stérile (4), — symbole , connne tout le monde le sait, de Jérusalem — M. Bar Renan trouve à nous lâcher ceci : « Sa mauvaise humeur contre toute résistance l'entraînait jusqu'à des actes inexplicables et en apparence absurdes'.')).» Heureusement que c'est expliqué maintenant, et absurde pour vous seul, mon révérendissime.
« Deux jours avant la Pà- Réflexion Renan : « Cette que. .. Jésus vint au lieu ap- scène (de Gethsémani), /)aîpelé Gethsémani (0). » suite de l'art instinctif qui
a présidé à ta réd'tciion des synoptiques,. . . a été placée à la dernière 7iuit <fe Jésus était mnnient de i'arrestulion (7); » à moins ([uc, par suite de l'art instinctif, qui a présidé à la rédaction du romancier, elle n'ait été placée huit jours trop tôt.
Cette réflexion n'était déjà pas mal ; mais pour qu'il n'y manquât rien et la rendre tout à fait originale, voici encore une bonne note : Saint Jean ne parle pas de l'ago-
(1) P. 307. — (-2) Matth. x. 38. — (3) P. 311. — (4) Marc, xr, 12, S.— (3) P. 319. — (G) Marc, xiv, 1, 32. — (7) P. 377.
nie de Notrc-Seigneuv ; c'est M'ai, parce que les autres cvan gélistes en parlaient. M. Renan trouve cette omission drôle, et ajoute : « Cela se comprend d'autant moins que Jean met une sorte d'afiectation à relever les circonstan.cesqui lui sont personnelles ou dont il a été le seul témoin (1). » Adoi-ablc candeur! Kli! mais, c'est, justement, parce qu'il y avaii trois lénwins que saint Jean n'était pas seul.
« Tu es donc le Fils de Renan : « Il est j.his pro-
Dicu?» Jésus leur repon- bablequ ici, comme chez Ha-
dit : «Vous le dites, je le van, il garda le silence {'i].)>
suis {'2). » Je crois bien .'
« Que son sang retombe Bar. R. : « Ci-s mots fusurnouset sur nosiiis(4). » rent - ils réellement prononcés? On peut en douter (o). »
Si on peut? Comment donc !
« Aucun disciple n'était à ce moment » (pendant que Jésus montait au calvaire) « auprès de Jésus (6) ; « voyez Luc, xxni, 27-31.
En saint Luc, xxiir, 27-31, je lis, tout du long, l'épisode des saintes femmes , ce qui prouve peu ; mais il y a une note, grâce à Dieu !
«La circonstance, Luc, XXIII, 27-0 1, est de celles où l'on sent le travail d'une imagination pieuse et attendrie. Les paroles qu'on y prête à Jésus n'ont pu être écrites qu'après le siège de Jérusalem (7). » Merci, mille fois; je commençais à m'eUVaycr.
(( Et ils lui donnèrent du vin avec de la myrrhe, et il refusa d'en boire (î^). »
« Et ils lui dounèrcnt du vin môle de fiel, et l'ayant goûté, il refusa d'en boire (!J). »
Ce qui semble indiquer qu'on avait, par cruauté, ajouté
(1) P. 378. — (2) Li;c, xxn, 09. — (3) P. 297. — (4) Mattli xxvu, 2'..— (û) P. /ilO. — ((i) P. 418.— (7) P. 'lis, UOte. — (8) Marc, 5v, 23. — (9) .Matth. xxvu, 3'î.
ii'u.\ rsOMMÉ JÉSUS. "-loi
du liel; ou rcaiiilacé îa myrrlic par du lie!. La note ne va pas manquer de nous apprendre que : a Mallhiiu faussa ce détail jour obtenir une allusion messianique (i). « (Page 419.) Quand je rayais dit que vous y étiez !
« 11 parait que les doux voleurs crucifies à ses côtes l'insultaient aussi (2).
Voyons la note bénie.
« Luc, suivant son goût (un goût bien bizarre), pour la conversion des péch'jurs, a ici modifié la tradition (3). »
En cflcî, il est inadmissible qu'il ait coramcncé par blasphémer, et se soit converti nn pou plus tard. Quelle singulière manie il a, ce saint Luc, de vouloir que les pécheurs se convertissent ! C'est, vraiment, intolérable.
« C'est celui qui l'a vu « On crut voir couler du qui en rend témoignage; et sang et de l'eau... Jean préson témoignage est vérita- fe?u/ /'oroi'r rtj (o). » Ce n'est blc (4). » ^ pas probable, ce n'est que
saint Jean qui l'a vu.
« Les princes des prè- Tr. R. : // est douteux très, avec les pharisiens, que /es Juifs fussent dès lors s'assemblèrent ; et ayant été préoccupés de la crainte que trouver Pilate lui dirent : Jésus ne passât pour rcs- Seigneur, nous nous som- suscite (7). » mes souvenus que ce séduc- Ce doit être douteux puisteur, pendant qu'il vivait, a que les évangélistes affirdit qu'il ressusciterait après ment que c'est certain? trois jours. Ordonnez donc cjue l'on garde son sépulcre jusqu'au troisième jour. . . (fi)»
La note dit qu'on a exagéré les précautions prises par les Juifs, pour les « besoins de l'argumentation chrétienne (S). )) Ce qu'il y a d'imi)ayablc, c'est que les Juifs cnx-nièmes ne le nient pas; mais M. Picnan est plus Juif que les Juifs.
(1) P. 419. — (i) P. 424. — (3) Id., note. — (4) Jean, xix, 33. — (5) P. 428. — (G) P. 429. — (7) Matlh. xxvii, 72. — (8) Id.
Personne n'ignore que Jésus, après sa résurrection, apparut à saint Pierre, à ses ajxjtres réunis, aux disciples d'Emmaus, etc. ^'ous ne citons aucun texte en preuve, parce que les faits sont trop connus. M. Henan ose dire : « Marie de Magdala est le seul témoin primitif de la résurrection (1). « Ah ! c'est qu'aussi elle avait une « forte imagination , » ayant été, dit facétieusenicnt la note, '{ possédée de sept démons (2), » et étant /<û//ucnice, pardessus le marché.
Je ne puis résister à la joie de signaler le raisonnement de l'auteur au sujet de la résurrection de N. S. Il se demande si le récit des apôtres est vrai, et s'il faut admettre que le corps de Jésus fut enlevé; ou, encore , si cette opinion est le fruit d'un « enthousiasme crédule;» et il conclut ainsi: a C'est ce que, faute de documents contradictoires, nous ignorerons à jamais (3). »
C'est absolument comme si l'on demandait : « Napoléon revint- il de l'ile d'Elbe? Tous ses contemporains l'anh-ment ; mais comme personne ne contredit ce point d'histoire, c'est ce que nous ignorerons à jamais. »
Dire que c'est à M. Renan que l'on doit un pareil aveu !
Et dire qu'un homme qui écrit peut poser en principe qu'un fait n'est certain que quand il rencontre des contradicteurs'. Jamais savetier ne tiî imprimer de telles sottises.
Renan : « Cent ans au U faut être ignorant moins devaient s écouler comme une carpe pour ne avant que le nom de Je- i)as savoir que saint Paul y sus ne fût porté en Et,pa- prêcha, et que saint Jacf/?ie (4). » qucsyvécut: que le tom-
beau \lc ce dernier apôtre se trouve à Compostelle; que saint l'ierrc conf('ra la consécration épiscopale à sept convertis que saint J^icc^ucs
(l) P. 43'f. - (2) kl. — (3) P. 434. — (4) P. 437.
I)"U.\ NOMMÉ JÉSUS. 203
lui avait envoyés à Rome, et qui rctournùicnt prêcher le nom de Jésus-Christ dans leur patrie.
« C'était pendant Tlicure R. « Quand on le condainde tierce (I) (de 9 à midi) na, il était environ midi [i).)-) qu'ils le crucifièrent. » La note ajoute : « d'après
«Jésus fut condamné vers Marc, il n'eût guère été que l'heure de sexto» (commen- huit heures du matin, puisoant àmidi (2). que, selon cet évangéliste,
Jésus fut crucifié à neuf heures (4). » Il me semble qu'il n'est pas nécessaire de connaître le sanscrit pour comprendre que les heures hébraïques étant de plusieurs heures chacune, quand saint Marc dit : C'était pendant l'heure de tierce, il ne contredit pas saint Jean, affirmant que c'était vers l'heure de sexte. C'est absolument comme si l'on disait chez nous : « Il est onze heures trois quarts, ou environ midi. Ahî si vos contradictions pouvaient s'expliquer comme les divergences apparentes des Evangiles!
Nous nous arrêtons ici, non faute de matière; mais par dégoût et par ennui. C'est un métier repoussant que celui de signaler la mauvaise foi d'un de ses semblables. Il faut du courage pour lire tout un volume dont pas une seule page n'est exemple de semblables énormités ; on voudrait pouvoir croire à l'ignorance ou à la folie, ce serait moins dégradant. Tout ce qu'il y a de sentiments honnêtes dans le cœur se révolte à la vue de ces appâts grossiers, jetés à la crédulité publique, avec une ruse de mauvais aloi et une maladresse dont on ne soupçonnerait pas même un écolier capa])le. Il faut bien mépriser ses lecteurs pour leur tendre de pareils pièges, et supposer qu'ils s'y laisseront prendre.
(1) Marc, XV, 23. — (-2) .Jean, xis, 14. — (3) P. Mi. — (4) P. 415.
!:20'i LETTRES SL'R LA YÎE
Jamais un vrai savant, fùt-il oulrageusement impie, n'eût osé om'dir un pareil tissu de contradictions et d'inexactitudes volontaires. L'homme au cœur le plus îiaineux, à l'unie la plus irritée contre Jésus et son Église, n'aurait pas poussé l'audace jusqu'à maltraiter ainsi riiistoire et le Lon sens, ni jusqu'à travestir les faits avec un tel cynisme, s'il n'eût, en outre, été doué, ù un ineffable degré, d'ignorance et d'impudeur.
Nous ne savons quelles peuvent être vos connaissances, M. Renan, soit en matière d'histoire, soit en matière de linguistique, soit même en matière de pliilosophie; mais nous sommes certain que celui qui peut faire mentir le français et le latin , doit savoir faire mentir, de même, et le grec et l'hébreu. Nous no sommes pas prophète, mais nous avons la certitude absolue que les docteurs protestants d' Allemagne, qui sans doute sont dans le faux; mais qui, du moins, savent quelque chose, vont bientôt immoler cette œuvre stupide autant qu'impure, et lui envoyer l'hommage de leurs sifflets et de leur mépris, avec une splendide unanimité. Quoiqu'on soit frères en erreur, il est trop humiliant de marcher, fût-ce dans les ténèbres du scepticisme, côte à côte avec certaines gens. Il est tels écoliers qui peuvent déshonorer même de méclianls maîtres. Les rêveurs d'outre-Rhin auront, je pense, assez de vergogne pour répudier un aussi compromettant disciple.
Après avoir contrislé l'âme de nos lecteurs par le spectacle de celle ignoble comédie, et leur avoir montré jusqu'à quel degré de bassesse et de platitude peut
d'un jn'ommé JÉSUS. 205
faire descendre k brûlante rancnne, dans le cœur d'un renégat, nous ne voulons pas terminer cette analyse affligeante sans apprendre, à ceux qui l'ignorent, un fait, déjà notoire, et qui, si nous sommes bien renseigné, n'est pas un fait isolé.
Une de nos célébrités littéraires se sentait mourir. Sur son lit de mort, cet homme voulut se faire lire tout entière la Vie de Jésus par M. Renan ; après quoi, 11 demanda qu'on lui fit également la lecture des quatre Évangiles. Il n'avait ni vécu, ni écrit, ni pensé en chrétien; mais, frappé de l'éclat résultant de ce glorieux contraste, il s'écria, comme ébloui de la splendeur d'une illumination soudaine : Là, je n'ai trouvé que sophisme, contradiction, mensonge ; ici, je vois la simplicité, l'unité, la candeur. C'est donc ici et non pas là que se trouvent la vérité et la vie. M. Renan m'a converti : qu'on aille me chercher un prêtre, je veux mourir chrétien.
Et l'on dit qu'à son convoi funèbre marchaient, côte à côte, dans le cortège, le célèbre professeur à l'École de France, et le pauvre religieux, qui avaient, chacun à leur manière, travaillé à ouvrir au publicistc repentant les portes éternelles de la patrie.
L'un se demandait, je pense, pourquoi il était venu rendre cet lionneur à un corps dans lequel la vie était irrévocablement éteinte; mais l'autre, certainement, ])énissait Dieu d'avoir, dans sa miséricorde suprême, rappelé l'àme d'une de ses brebis errantes, au saint ])aiser de lu réconciliation paternelle, et aux pures cl chastes délices de l'immortalilé.