PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. UI
J'avais besoin de ce préliminaire pour justifier en quelque sorte l'apparition d'un nouveau livre dans un temps où le public demande tant de journaux et si peu de livres. Si une œuvre entreprise avec amour , préparée par des études spéciales , et achevée sur les lieux mêmes qui en font le sujet, a droit à quelque faveur, j'ose réclamer un tel droit pour celle-ci. En 1836, après avoir vu l'Allemagne , je m'embarquais sur la Recherche avec MM. Gaimard, Lotin, Mayer, Robert, Angles et Bévalet , pour visiter l'Islande , cette terre curieuse qui a si bien conservé les mœurs, la langue, les traditions historiques des anciens hommes du Nord. En 1837 , je parcourais le Danemark, une partie de la Suède et de la Norvège. En 1838, j'étais à Stockholm, quand M. le ministre de la marine voulut bien m' adjoindre à l'expédition scientifique chargée d'explorer les parages Scandinaves. Je traversai toute la Norvège pour rejoindre la corvette à Drontheim ; je m'arrêtai au cap Nord , et je revins en France avec mes compagnons de voyage par la Laponie , la Finlande , la Suède , que je parcourus alors dans toute sa longueur, et par l'Allemagne. Enfin, en 1839 , j'obtins encore la permission de m'embarquer sur la Recherche. Cette fois nous visitâmes les Férôe, le Spitzberg, et nous franchîmes de nouveau les montagnes et les marais de la Laponie. Ma pensée constante depuis plusieurs années était de rapporter à mon pays une peinture de ces contrées si belles et si sauvages, si grandioses et si peu connues, un tableau de leur génie