Promontoire des Oiseaux
HAliMERFEST. 3l5
Dès le nlilieu du moyen âge, le nom de Hammeifest apparaît dans les annales du commerce de Finmark. Ce n'était alors qu'im groupe de cabanes; mais le port, sûr et commode, était déjà connu des marchands de Bergen et des pécheurs russes, qui tantôt se contentaient de jeter leurs filets à la mer, et tantôt exerçaient sur les côtes le métier de pirates. Le commerce du Finmark, monopolisé pendant un siècle, réduisit la population de cette contrée à une espèce de servage, et la plongea dans ime [profonde misère. En 1789, le gouvernement danois comprit enfin les funestes résultats du pacte qu'il avait conclu avec une société avide et cruelle. Le commerce devint libre, et Hammerfest reçut en même temps ses privilèges de ville marchande. Dans la pensée des rédacteurs de l'ordonnance de 1789, cette ville devait prendre un rapide accroissement. On la croyait destinée à devenir le point central du commerce dans le Nord, l'entrepôt du Finmark et d'Archangel; mais ces espérances ne se réalisèrent pas : Hammerfest resta longtemps im lieu de passage et rien de plus. M. Léopold de Buch, qui la vit en 1821, eh fait un tableau fort triste. « Toute la ville, dit-il, y compris la demeure du prêtre*, se compose de neuf habitations, quatre marchands, une maison de douane, une école et un cordonnier. Sa population ne s'élève pas à plus de quarante-quatre personnes. Oh n'y trouve aucune subsistance, pas même du bois pour se chauffer *. »
Dans l'espace de trente ans, cette humble cité est sortie de l'état d'anéantissement auquel M. de Ëuch semblait la condamner. Si le savant voyageur y revenait aujourd'hui, il y trouverait environ quatre-vingts maisons et quatre cents habitants, plusieurs larges magasins, deux auberges portant le titre d'hôtel, des ouvriers, des fabriques, voire même un jeu de billard.